Flahaut traite son successeur de « con »

n.c.

Dimanche 23 décembre 2007

L'ancien ministre de la Défense, André Flahaut (PS), a accueilli avec irritation la proposition de son successeur, Pieter De Crem (CD&V), d'instaurer un service militaire sur base volontaire. "C'est un con, il ne connaît rien au dossier", a affirmé M. Flahaut. Pieter De Crem répond que Flahaut est enragé de n’avoir pas été choisi au gouvernement.

Le ministre de la Défense Pieter De Crem estime que si son prédécesseur l'a traité de "con", c'est parce qu'il est "enragé" de n'avoir pas été choisi pour continuer à siéger au gouvernement. Le nouveau ministre ne se sent toutefois pas insulté par les propos d'André Flahaut.

L'idée lancée vendredi par M. De Crem d'instaurer un service militaire sur base volontaire a suscité samedi la réaction positive de deux syndicats militaires mais négative de l'ancien ministre, qui a vertement critiqué son successeur, affirmant "c'est un con, il ne connaît rien au dossier".

Pour M. De Crem, cette réaction "en dit beaucoup sur la façon dont l'armée a été gérée pendant les deux législatures précédentes". Selon lui, les propos du député socialiste montrent ce qu'il n'a pas réussi à faire pendant qu'il était ministre. Son successeur dit cependant ne pas se sentir insulté: "est-ce que j'ai l'air d'un con, moi? ", a-t-il terminé avec humour en répondant aux questions d'un journaliste du journal télévisé de la RTBF.

Quant à André Flahaut, il a confirmé ses propos dimanche midi, estimant que si le ministre pensait à la formule de Service volontaire d'utilité collective élaborée par le gouvernement précédent, il devait rendre à César ce qui lui appartient. Pour lui, M. De Crem "fait les choses sans réfléchir à ce qu'il fait et dit".

Une politique de droite, selon Flahaut

André Flahaut a aussi accusé son successeur de vouloir "mettre en oeuvre une politique de droite". L'ancien ministre socialiste a ajouté qu'il avait expliqué à son successeur, lors du passage de témoin vendredi matin à M. De Crem, que la formule du Service volontaire d'utilité collective (SUC) existait et qu'il pouvait la mettre en oeuvre.

La proposition de loi créant ce SUC avait été adoptée en avril dernier par la Chambre, après que le Conseil des ministres eut donné en mars son accord de principe pour l'appliquer au sein du département de la Défense.

Le gouvernement Verhofstadt II avait imaginé ce dispositif en mai 2006, après le meurtre de Joe Van Holsbeeck. Il prévoyait qu'un millier de jeunes sans emploi de 18 à 25 ans puissent, sur base volontaire, prester un service auprès de l'armée. Il s'adressait aux Belges ou originaires de pays de l'Union européenne, qui sont demandeurs d'emploi ou bénéficiaires du revenu d'intégration sociale. Le SUC n'avait toutefois jamais réellement été appliqué.

Le sénateur Philippe Monfils, auteur de la proposition de loi sur le SUC lors qu'il était député, sous la précédente législature, s'est pour sa part déclaré dimanche "très réticent" à l'idée de M. De Crem. "Il y a d'autres moyens" (pour améliorer l'image de l'armée), a-t-il dit à Belga.

M. De Crem avait plaidé pour un tel service dans une interview publiée samedi - au lendemain de sa prise de fonction - par les journaux flamands du groupe Corelio.

Il a expliqué espérer avec cette mesure "remettre l'armée dans l'esprit des gens", car c'est à ses yeux une manière de mieux apprendre à connaître la "Grande muette".

"Je veux débarrasser la Défense de son image de machine qui engloutit de l'argent. L'armée coûte 2,7 milliards d'euros par an. Les gens se demandent: qu'est-ce que j'y gagne? Je veux leur montrer le +return on investment+ (retour sur investissement)", avait ajouté M. De Crem.

(d’après Belga)

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