Alcool, drogue et rock ’n’

COLJON,THIERRY

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Mercredi 26 décembre 2007

On pensait que tout ça était terminé. La « génération picole » nous rappelle que non. Et la musique est dans tous ses états.

Difficile de faire un bilan de l’année musicale en parlant de tout sauf de musique. Cette année, les médias n’ont pourtant cessé d’évoquer la crise du disque et de mettre en couverture Amy Winehouse et Pete Doherty. Non pour leurs talents vocaux, mais pour leur tendance à se détruire systématiquement.

On parle de transformation de la consommation de la musique, de téléchargement, de MP3 et de musique virtuelle, mais on oublie de citer Elvis Perkins, la révélation de cette année. Le fils d’Anthony Perkins a publié son premier album, nous rassurant sur l’avenir de la musique, mais c’est le retour sur scène des dinosaures (Police, Genesis, Led Zeppelin…) qu’on a retenu.

Pete Doherty fait la Une de la presse people, mais personne ne dit que les Babyshambles sont un foutu bon groupe dont la musique n’a rien (ou si peu) à voir avec toute la came que son leader ingurgite en permanence. Amy Winehouse porte bien son nom pour ce qui est de tâter de la bouteille, histoire de supporter la réalité qui a mis son mari sous les verrous, mais sa musique – soul on ne peut plus traditionnelle – aurait-elle touché autant de gens sans les frasques extra-musicales de la chanteuse anglaise ?

Pour notre part, s’il ne fallait retenir qu’une chose cette année, ce serait la tripotée que nous refile la scène canadienne. Ce n’est qu’a posteriori qu’on a remarqué que quatre artistes classés dans notre top 10 pop-rock provenaient de ces « autres » Américains, de Vancouver à Montréal. Un tel bouillonnement rock ne peut qu’inspirer une scène belge qui, cette année, était plutôt de transition, avant le grand retour, en 2008, des Ghinzu et Girls in Hawaii. On a même perdu Venus dans l’aventure.

Feist, Keren Ann, Abd al Malik…

Faut dire qu’on était plus occupé à compter le nombre de licenciements dans l’industrie du disque et de vanter les mérites de Prince et Radiohead, qui participaient à la révolution digitale, ou de Sarah Bettens et Madonna qui faisaient les intéressantes. Il ne faudrait peut-être pas prendre les ventes digitales pour une émancipation strictement artistique. Là où, pour le moment, il y a surtout l’envie, pour des artistes confirmés, de se faire le plus de pognon possible. Ce qui est leur droit le plus strict, bien sûr.

Tout bouge, mais la musique reste. À côté des éternelles rééditions profitant d’un passé révolu, avec les dinosaures bien connus, restent de nouvelles personnalités attachantes (Patrick Watson, Cold War Kids, AaRON, Saint-André…) ou des confirmations (Beirut, Hard-Fi, Arcade Fire…).

La mode est aux Lily Allen, Amy Winehouse ou Kate Nash ? Mika a réussi le hold-up de l’année ? Sans doute. Mais, dans notre cœur, rien ne remplacera jamais quelques moments sublimes en compagnie de Feist ou de Keren Ann. Et rien ne remplacera jamais l’émotion que nous a procurée – à plusieurs reprises, en ce qui nous concerne – le concert d’Abd al Malik.

Le disque va disparaître ? Peut-être. Mais la musique sera toujours là. Avec ses poids lourds d’un jour et ses jeunes pousses qui nous feront toujours aimer ces vibrations à nulle autre pareilles.

roll

Du contre…

La daube de l’année. Ivan Cevic, Et je pense à toi (AMC). Et la pub télé qui veut nous prouver le contraire n’y change rien. Frédéric François et Frank Michael suffisent à la tâche.

La déception de l’année. Fred Chichin et Venus. Parce que « C’est comme ça ». Ils nous ont quittés alors qu’on ne leur en demandait pas tant.

L’oubliée de l’année. Jil Caplan. Parce que son album Derrière la porte (EMI), qui scelle les retrouvailles avec Jay Alanski, n’est même pas sorti en Belgique !

… et du pour

Les révélations de l’année. Elvis Perkins et St-Vincent. Le come-back de l’année. Yves Simon. La chanson

Les révélations de l’année. Elvis Perkins et St-Vincent.

Le come-back de l’année. Yves Simon.

La chanson de l’année. « Ordinary people », de Neil Young.

Le concert de l’année. Les Aventuriers d’un Autre Monde, au Zénith de Lille, le 18 janvier.

pop-rock

pop-rock

1. Beirut, The flying club cup (Rough

Trade)

2. Destroyer, Destroyer’s rubies (Bang !)

3. Patrick Watson, Close to paradise

(V2)

4. Hard-Fi, Once upon a time in the

West (Warner)

5. AaRON, Artificial animals riding

on Neverland (Bang !)

6. Lucinda Williams, West (Universal)

7. Cold War Kids, Robbers & cowards

(V2)

8. Wilco, Sky blue sky (Warner)

9. Feist, The reminder (Universal)

10. Arcade Fire, Neon Bible (Universal)

made in France

made in France

1. Dionysos, La mécanique du cœur

(Universal)

2. Stephan Eicher, Eldorado (Universal)

3. Jean-Louis Murat, Charles et Léo

(Bang !)

4. Les Rita Mitsouko, Variéty (Warner)

5. Luke, Les enfants de Saturne

(Sony BMG)

6. Keny Arkana, Entre ciment et belle

étoile (Warner)

7. Etienne Daho, L’invitation (EMI)

8. Magyd Cherfi, Pas en vivant avec

son chien (Universal)

9. Benjamin Biolay, Trash yéyé (EMI)

10. Yves Simon, Rumeurs (Universal)

musiques du monde

musiques du monde

1. Habib Koité, Afriki (Munich)

2. Manu Chao, La radiolina (Warner)

3. Daby Touré, Stereospirit (EMI)

4. Toumast, Ishumar (Bang !)

5. Manou Gallo (Bang !)

électro

électro

1. Chromeo, Fancy footwork (V2)

2. Chemical Brothers, We are the night

(EMI)

3. Gui Boratto, Chromophobia

(Kompakt)

4. Simian Mobile Disco, Attack Decay

Sustain Release (V2)

5. Daft Punk, Alive (EMI)

noir-jaune-rouge

noir-jaune-rouge

1. Baloji, Hôtel Impala (EMI)

2. Saint-André, Le grand soir (Bang !)

3. Joshua, Music & chocolates

(Universal)

4. Arno, Jus de box (EMI)

5. The Tellers, Hands full of ink

(Bang !)

6. Uman, L’aventure, c’est l’aventure

(PiaS)

7. Maurane, Si aujourd’hui (Universal)

8. Marc Moulin, I am you (EMI)

9. Monsoon, The king of eyes, tits &

teeth (Cod&s)

10. Hollywood Porn Stars, Satellites

(Bang !)

jazz international

jazz international

1. Erik Truffaz, Arkhangelsk (EMI)

2. Joe Lovano – Hank Jones, Kids

(EMI)

3. Terence Blanchard, A tale of God’s

will (EMI)

4. Stacey Kent, Breakfast on the

morning tram (EMI)

5. Dee Bridgewater, Red earth

(Universal)

jazz belge

jazz belge

1. Eric Legnini, Big boogaloo (Bang !)

2. Mélanie De Biasio (AMG)

3. Musicazur, Prends l’air (AMG)

4. Chroma, Radea (AMG)

5. Rassinfosse – Collard-Neven, Second

move (Fuga Libera)

DVD

DVD

1. Stax. Respect yourself (Universal)

2. Johnny Cash, The best of TV shows

1969-1971 (Sony BMG)

3. Rolling Stones, The biggest bang

(Universal)

4. Bob Dylan, Don’t look back (Sony

BMG)

5. Sigur Ros, Heima (EMI)

6. Frank Zappa, Apostrophe/Overnite

sensations (PiaS)

7. David Gilmour, Remember that

night (EMI)

8. Neil Young, Heart of gold

(Paramount)

9. AC/DC, Plug me in (Sony BMG)

10. Diam’s, Au tour de ma bulle (EMI)

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