« Investir 20 millions par an »
LORENT,PASCAL
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Jeudi 27 décembre 2007
Charleroi Le budget sera voté en janvier, assure Paul Ficheroulle
« On a trop stigmatisé Charleroi », estime le chef de file
du PS local. Il s’explique sur le retard pris par le collège.
Entretien
Charleroi termine 2007 sans budget. Un élément de plus passif d’une tripartite PS-MR-CDH qui devait pourtant redresser la Ville. Le PS, partenaire le plus fort du collège (sept échevins sur onze), calme le jeu. Paul Ficheroulle, son chef de file, se veut confiant à la veille d’une année décisive.
Après avoir entendu différentes thèses au sein de la majorité, on s’interroge : votera-t-on le budget de la Ville en janvier ?
Il n’existe pas différentes thèses au sein du collège mais la recherche d’une réaction cohérente face aux incertitudes internes et externes. Nous cultivons une série d’intentions au sein du collège. Une d’entre elles est de réaliser une opération de gestion des fins de carrière. Il faut encore la chiffrer. Nous avons aussi conclu un accord avec le Centre régional d’aide aux communes, le Crac, afin d’étudier les domaines où l’on devrait adopter des mesures structurelles. Il y en a trois : la gestion du personnel, du patrimoine et des transferts (ASBL et subsides).
Pourquoi ne pas avoir pris ces mesures plus tôt ?
On y réfléchit depuis la rentrée avec le Crac. Bien sûr, la mise en place de la nouvelle équipe scabinale, en juin, a occasionné un retard dans l’élaboration de nouvelles stratégies. Mais tant par rapport au Crac qu’aux autres communes, on veut faire la démonstration de la bonne volonté de la Ville. Et faire la distinction entre ce qui est supposé être les conséquences de la mauvaise gestion passée et la réalité des difficultés structurelles de la Ville. Car on a trop stigmatisé Charleroi. Nos problèmes budgétaires sont la conséquence de problèmes qui affectent toutes les grandes villes : concentration de la pauvreté, charges inhérentes au fonctionnement d’une métropole, etc.
Et les incertitudes externes ?
Il y a notamment les négociations sur la réforme du Fonds des communes. Charleroi a adopté une attitude positive sous condition par rapport au projet Courard : oui à la réforme pour peu que les paramètres qui nous ont été proposés, ne soient pas dégradés. Nous avons aussi l’héritage d’enjeux pour lesquels nous sollicitons l’aide la Région. Liège a deux gros problèmes : le poids de sa dette historique et la charge de ses pensions. Charleroi, elle, connaît une situation de départ nettement meilleure, avec une dette au moins cinq fois inférieure mais un sous-investissement important par rapport à ses besoins. Il paraît donc logique que ce qui résulte d’une bonne gestion dans le chef de la Ville, ne la pénalise pas. Dès lors, si la Région doit faire un effort vis-à-vis de Liège, elle doit en faire de même vis-à-vis de nous. La balle est dans le camp du gouvernement, où la négociation n’est pas aboutie.
On ne va quand même pas attendre pour voter le budget ?
Non. Cette réforme ne portera ses effets que pour le budget 2009. Nous attendons donc que le gouvernement wallon prolonge les efforts particuliers de type Plan Tonus. Nous allons d’ailleurs inscrire un montant de recettes équivalent à celui de 2007 et nous allons présenter un budget en équilibre dès janvier. Et je souhaite que l’on mette à profit les six premiers mois de 2008 pour mettre en place avec le Crac un nouveau plan de gestion concrétisé par la première modification budgétaire de 2008. Par contre, nous avons une ouverture intéressante du Crac par rapport au budget extraordinaire et aux investissements. En ce domaine, la Région fixe une balise de 75 euros par habitant de part propre de la Ville pour son endettement. Nous réclamons qu’elle passe à 100 euros. Soit 20 millions d’euros d’investissement par an. Et nous discutons avec le Crac afin d’appliquer cette balise sur six ans. Autrement dit, une seule enveloppe de 120 millions dont nous disposerions à notre guise. Si cette ouverture se concrétise, elle nous permettra de mettre en œuvre un budget audacieux dès 2008.
Avec quelles réalisations ?
La part Ville pour la rénovation de l’Hélios, les voiries, l’achat du bâtiment d’Aquasambre pour y centraliser les services des Bâtiments, la part Ville dans les projets européens et les partenariats public-privé liés au nouvel hôtel de police ou à la nouvelle caserne des pompiers, les rénovations lourdes des infrastructures scolaires… Bref, la Ville disposera d’un budget rigoureux à l’ordinaire et ambitieux à l’extraordinaire, marquant une volonté d’avancer à travers de grands projets structurants.
« Des états d’âme n’aideront personne à progresser… »
Il y a un an, vous annonciez une rationalisation des bâtiments de la Ville. Rien n’est venu en 2007.
Le premier élément, c’est la rationalisation du département Bâtiments qui comporte sept implantations. Les infrastructures scolaires et sportives sont les deux autres chantiers de cette rationalisation. Nous avons acheté le logiciel qui nous sera utile et nous avons mis en place un groupe de travail. Mais il est vrai que nous accusons un retard. Par ailleurs, nous attendons des réponses de l’Europe sur le dossier de l’hôtel de police ou sur ceux dépendant du Feder. Enfin, la police vient de terminer un plan de réorganisation de ses implantations qui sera bientôt débattu au collège. Et il faudra réaliser un audit énergétique des bâtiments communaux.
On a aussi l’impression que ça grince au sein de la majorité…
Les difficultés de la transition pèsent sur tout le monde. Mais tout le monde est dans le même bateau. On ne peut s’offrir le luxe de querelles. Des états d’âme n’aideront personne à progresser. Nous sommes dans une tripartite ; chacun doit y mettre du sien.
Le changement tarde…
Il faut de la persévérance et ne jamais cesser ses efforts. Ça nécessite une bonne dose patience. Nous avons demandé au personnel de s’adapter. Il faut lui en donner le temps et les moyens. Les retards enregistrés pour les repas chauds et les fournitures scolaires font partie de ces difficultés de la transition. Mais sur les grands projets de la Ville, il y a unanimité au sein de la tripartite.
Qui passera à la vitesse supérieure dès 2008, alors ?
Oui car un de nos problèmes est lié à la gestion des marchés publics. Quand nous aurons passé un premier marché européen, nous pourrons l’utiliser comme base en l’adaptant au cas par cas.