Un supermarché du cannabis ?

CONRAADS,DANIEL

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Vendredi 28 décembre 2007

Drogue 2.000 m2 et 700 places de parking

Maastricht maintient son projet de délocalisation. Un coffee-shop géant pourrait s’implanter près de la frontière.

En ce début d’hiver, le dossier de délocalisation de la moitié des quinze coffee-shops de Maastricht, ces établissements où le cannabis est en vente libre vient de sortir de sa (relative) hibernation. Lors de sa dernière séance de l’année, le Conseil communal de Visé a donné au collège communal l’autorisation de saisir éventuellement la Cour européenne de justice de Luxembourg.

En juin, la conférence des 24 bourgmestres de l’arrondissement de Liège avait, en effet, décidé d’intenter une action devant la juridiction européenne contre le projet de déménagement de ces coffee-shops maastrichtois. Selon les mayeurs liégeois, ce projet constitue une violation du traité de Schengen sur la coopération des États signataires en matière de sécurité. En prenant cette décision, les élus visétois ont voulu s’offrir une précaution juridique. « Nous ne sommes pas certains que la conférence des bourgmestres puisse intenter une telle action devant la Cour de Luxembourg. Si effectivement, elle ne pouvait juridiquement pas le faire, notre Ville pourrait alors prendre le relais », explique le mayeur visétois Marcel Neven. Les dernières infos dont dispose le comité d’accompagnement qui regroupe Maastricht et les communes (flamandes, wallonnes et néerlandaises) voisines, montrent, en effet, que les autorités maastrichtoises n’ont pas renoncé à ce projet (très) controversé qu’elles espèrent concrétiser dans le courant de 2008. Au contraire, il a été affiné ces derniers mois.

À Oost-Maarland

Trois des huit coffee-shops dont le départ du centre-ville vers des quartiers périphériques était programmé pourraient se regrouper en un seul établissement d’une superficie de 2.000m2 qui serait doté de caméras de surveillance et disposerait d’un parking de 700 places. Le « Mississippi », le plus connu des coffee-shops maastrichtois, amarré sur un bateau en bord de Meuse, « se saborderait », lui, pour transférer ses activités dans ce supermarché du cannabis. L’établissement serait installé sur le Köbbesweg, à Oost-Maarland, le long du fleuve, en bordure de l’A2, à la limite de Maastricht et Eijsden et donc aussi tout près de la frontière belge.

« Les propos des autorités de Maastricht qui affirment que l’expérience s’étalerait sur une période d’essai de trois ans et qu’il serait donc possible de faire marche arrière ne suffisent pas pour nous rassurer », souligne le bourgmestre des Fourons, Huub Broers. « Pas plus aujourd’hui qu’hier nous ne serons d’accord pour accepter, à deux pas de chez nous, un tel établissement qui risque d’attirer nos jeunes concitoyens », martèle Marcel Neven, qui a toujours figuré parmi les adversaires les plus résolus de ce projet.

Fin novembre à Valkenburg, la séance du comité d’accompagnement n’avait rassemblé que des représentants de communes néerlandophones. Marcel Neven n’y avait pas été convié sous prétexte qu’il ne pratique pas suffisamment la langue de Vondel. La prochaine réunion de ce comité a été fixée au 25 janvier à Eijsden. Et, à la demande de Manon Pelzer, la bourgmestre de cette localité, son homologue visétois a, cette fois, été invité à ce rendez-vous, qui risque d’être aminé.

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