Bruxelles a quand même fait la fête

n.c.

Mardi 1er janvier 2008

Sans feu d’artifice mais avec beaucoup de fêtards, Bruxelles a passé le réveillon dans le calme, malgré l’état d’alerte maximal contre une menace terroriste. Les restaurants ont affiché complet. Les services de secours ont néanmoins reçu un millier d’appels. L’état d’alerte se maintiendra jusqu’au 3 janvier.

Tous les restaurants bruxellois qui ont ouvert lundi soir ont affiché complet. La menace terroriste qui plane sur la Belgique, et sa capitale plus particulièrement, n'a pas effrayé les touristes et n'a dès lors eu qu'un impact limité pour les commerces horeca bruxellois. Comme les autres années, la demande était plus forte que l'offre, a indiqué mardi la fédération Horeca Bruxelles.

Pour le réveillon du Nouvel An, la fédération avait craint de subir les répercussions de l'annulation du traditionnel feu d'artifice du Mont des Arts. "Actuellement, cela ne semble pas être le cas. Tous les restaurants qui ont ouvert leurs portes étaient complets", a précisé Yvan Roque, président de Horeca Bruxelles.

Selon M. Roque, il y avait même trop peu de restaurants ouverts pour accueillir tous les touristes présents à Bruxelles, qui cherchaient encore à réserver une table au dernier moment. "Cela est surtout dû au fait qu'à peine 80% des restaurant sont ouverts pour le réveillon de la Saint-Sylvestre. Les autres 20% préfèrent ne pas ouvrir en raison des coûts élevés du personnel, de l'augmentation des prix des matières premières et des fortes exigences du client", ajoute-t-il.

A partir de cette année, la fédération entend collaborer de manière plus étroite avec la Ville de Bruxelles. "L'objectif est d'améliorer l'accueil des touristes et à terme, d'assurer l'ouverture de davantage de restaurants pour le réveillon", explique M. Roque.

Les services de secours bruxellois ont reçu près de 1.000 appels durant la nuit de la Saint-Sylvestre. Environ 320 ambulances ont dû sortir en intervention, mais aucun incident grave n'a été signalé, ont annoncé mardi les pompiers de Bruxelles.

De minuit à 8 heures du matin, les pompiers sont sortis plus de 950 fois, principalement pour desfeux de poubelles ou de véhicules. Selon les pompiers, ce genre d'incidents est courant lors de la nuit du Nouvel An.

Etat d’alerte prolongé

Dans la journée de lundi, à l’issue d’une réunion de coordination au Centre de crise du SPF Intérieur avec le bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans, il a été décidé de prolonger les mesures de sécurité et la présence policière renforcées au moins jusqu’au 3 janvier, a indiqué le directeur général du Centre de crise, Jaak Raes.

L’alerte terroriste a été annoncée le vendredi 21 décembre après l’interpellation de 14 personnes dans le cadre d’un projet de tentative d’évasion de Nizar Trabelsi. Ces 14 personnes ont été libérées mais l’alerte a été maintenue et est désormais prolongée jusqu’au 3 janvier.

« Nous avons évalué aujourd’hui la nécessité et l’effet des mesures de sécurité », a expliqué Jaak Raes. « Un état de la situation a ensuite été fait avec le parquet fédéral et l’OCAM, l’organe pour la coordination de l’analyse de la menace. L’OCAM a affiné son analyse sur base de l’information judiciaire et des données recueillies par nos correspondants nationaux et internationaux, et la conclusion est qu’il n’y a aucune raison de revoir l’actuel niveau d’alerte ».

L’alerte terroriste et les mesures de sécurité prises dans ce cadre à Bruxelles restent donc maintenues, que ce soit sur la Grand-Place, les marchés de Noël ou dans les rues commerçantes. Le Centre de crise a par ailleurs conseillé au bourgmestre de Bruxelles d’annuler le feu d’artifice prévu le 31 décembre, ce que Freddy Thielemans a immédiatement fait. « Le but n’est pas de créer la panique ou de bloquer entièrement la ville mais nous ne voulons prendre aucun risque inutile », explique-t-on à la Ville.

« Le 31 décembre, nous fermerons par ailleurs les chalets du marché de Noël à 18 heures et les attractions, comme la patinoire, à 20 heures ».

Une nouvelle réunion de coordination sera organisée le 3 janvier au Centre de crise pour évaluer une nouvelle fois la situation.

(D’après Belga)

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