Une menace terroriste bien réelle ?

METDEPENNINGEN,MARC

Mardi 1er janvier 2008

Terrorisme

Les attentats redoutés n’ont pas eu lieu. Le sénateur écolo Josy Dubié entend obtenir des explications sur le souffle de panique propulsé sur Bruxelles.

La nuit du réveillon de l’An n’a été marquée par aucun attentat terroriste dans le centre-ville de Bruxelles, comme l’appréhendaient les autorités qui avaient annulé dimanche, sur base d’une « analyse », le tir du traditionnel feu d’artifice depuis le Mont des Arts. Dès 18 h, le marché des Plaisirs d’Hiver avait été contraint de fermer ses portes « par mesure de sécurité ». Toute la soirée, un public nombreux se pressait dans les rues de la ville, dans le centre de laquelle des panneaux inédits, interdisant les feux d’artifice, avaient été plantés. Sans beaucoup d’effet : des pétards ont explosé aux quatre coins de la ville ; un fumigène fut même lancé dans les galeries de la Reine, sans susciter de réaction policière.

Les restaurants étaient bondés, comme à l’accoutumée, et de nombreux touristes étrangers regrettaient d’avoir été privés de feu d’artifice, alors que d’autres étaient organisés à Anvers, Liège ou Namur, des villes qui n’intéresseraient pas les terroristes.

Dès aujourd’hui, le Centre de crise du ministère de l’Intérieur devrait une nouvelle fois organiser une réunion d’évaluation de la menace terroriste, à laquelle prendront part les policiers de la DR3 (antiterrorisme), les magistrats du parquet fédéral, des agents de la Sûreté et les experts de l’Ocam (le centre d’évaluation de la menace). Objectif : déterminer si l’alerte de niveau 4 (très élevée) doit être maintenue au-delà du 3 janvier.

Hier, le ministre de l’Intérieur Patrick Dewael confirmait, sans le détailler, le sérieux de la « menace identifiée ». Le sénateur Ecolo Josy Dubié nous a indiqué hier qu’il comptait, à l’instar de sa collègue PS Anne-Marie Lizin, demander une enquête « à un organisme indépendant » sur la réalité de cette menace terroriste. « Et surtout, insiste-t-il, sur la nécessité qu’il y avait de prendre des mesures spectaculaires alors que personne ne veut dire quel est l’état réel de la menace ni sur quels éléments objectifs elle se fondait. » Selon le sénateur Ecolo, les mises en garde au public « ont produit un effet contre-productif. On a agité le chiffon rouge pour peu de chose, me semble-t-il. Mais lorsque l’alerte sera réelle, plus personne ne croira les mises en garde des autorités. »

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