2008, année européenne du silence consenti
LABAKI,MAROUN
Mercredi 2 janvier 2008
L’année 2008 devra être moins mouvementée. Il s’agit en effet pour les vingt-sept capitales de ratifier le nouveau traité, dit « de Lisbonne ». La chancelière allemande, par un très habile exercice politique, est parvenue à faire accepter un texte à peine édulcoré par rapport au projet de Constitution, mais qui peut néanmoins être présenté comme une victoire par les tenants de l’Europe minimale. Résultat : pas de référendum en vue – sauf en Irlande où c’est obligatoire –, pas de débats, pas de déballage démocratique, pas de vagues, pas de risques !
Les démocrates les plus intransigeants et les inconditionnels de la transparence doivent-ils consentir à cette cure de silence, accepter de faire comme s’ils ne savaient pas ? Un seul « non » national condamnerait le nouveau traité à la poubelle. Il faut donc y réfléchir à deux fois.
La Slovénie, qui a pris ce mardi la présidence semestrielle de l’Union, ne fera pas de vagues. Elle n’en a d’ailleurs ni la volonté ni les moyens. C’est un petit pays, nouveau membre, qui va fournir un effort important pour s’acquitter au mieux de sa tâche de gestion courante.
La présidence suivante – française – sera à coup sûr plus controversée. Avec un Nicolas Sarkozy en représentation permanente, tantôt ultralibéral et tantôt interventionniste, chantre de la nation française, inventeur de l’« Union méditerranéenne », qui est pour les règles européennes sauf quand il est contre…
Croisons les doigts. Ce traité doit être ratifié par tous le plus vite possible. Après son entrée en vigueur, qui permettra à l’Union d’être plus efficace, il sera toujours temps de débattre. De l’avenir. De l’étape suivante. Des Etats-Unis d’Europe.
