Un gouvernement absent en pleine alerte terroriste

BORLOO,JEAN-PIERRE

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Jeudi 3 janvier 2008

Un niveau d’alerte maximum, de quatre sur l’échelle de la terreur. Pour un risque d’attentat terroriste sur le sol belge, et principalement dans la capitale de l’Europe. On ne badine pas avec ce genre d’information, tout de même exceptionnelle.

La Belgique a dès lors été plongée, pendant toute la période des fêtes de fin d’année, dans une étrange situation de tension, où les policiers ont occupé le pavé des lieux de rassemblement et de fête, où le feu d’artifice de Bruxelles a été annulé, sur base du principe de précaution, où le niveau d’alerte maximum pour cause de menace terroriste a été maintenu pendant deux semaines.

A situation exceptionnelle – l’avenir nous le dira en tout cas – intervention exceptionnelle : le nouveau Premier ministre, intérimaire et à peine nommé, a pris la parole pour annoncer la menace au peuple belge. Un fait hors normes.

Puis les autorités judiciaires sont passées à l’action avec des perquisitions, des interpellations… et des libérations. Pas une seule inculpation n’a été retenue. Cela arrive, l’instruction n’est pas bouclée pour autant... Mais quelle est l’impression qui en découle ? Une action bidon? Un effet d’annonce du politique ? Une opération mal ficelée ? Or, le pays est resté sous un niveau d’alerte maximal jusqu’à ce jeudi.

Face à une telle situation d’exception, en pleines fêtes de fin d’année, le nouveau gouvernement ne pouvait rester muet aussi longtemps. Seul le directeur du Centre de crise a indiqué ponctuellement le maintien du niveau d’alerte.

Ou était le Premier ministre ? Alors que le pays était plongé dans une terreur potentielle, Guy Verhofstadt devait expliquer la situation aux citoyens. Les accompagner. Didactique, sans trahir le secret de l’instructuion, il devait dire pourquoi les autorités maintenaient un tel niveau d’alerte alors que les actions judiciaires n’avaient pas porté de fruits.

Le gouvernement intérimaire a donc commis un premier faux pas. Ce dérapage ne va évidemment pas contribuer à rétablir la crédibilité du politique. Qui, après 6 mois de crise, nous avait promis de prendre à bras le corps les « vrais problèmes ». Celui du terrorisme, par exemple ?

Pas de résultats.