Protégés mais encombrants

BODEUX,JEAN-LUC; DRUEZ,NICOLAS

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Vendredi 4 janvier 2008

La Roche Des mesures limitées de lutte contre certains animaux

Jean-Pierre Dardenne demande de revoir la liste des espèces protégées. Des inventaires sont en cours.

Il y a le vacarme. Et les attaques, contre le mastic des châssis de fenêtre. Une habitante de Beausaint, sur les hauteurs de La Roche, souffre de la présence de choucas. Appelé à la rescousse, le député-bourgmestre Jean-Pierre Dardenne (MR) s’est vite rendu à l’évidence : le statut d’espèce protégée de l’oiseau limite les moyens d’action. « Les mesures proposées sont peu efficaces », assure-t-il. À travers divers contacts, il a également pu constater que d’autres animaux posaient parfois un problème de surnombre. « C’est le cas des cormorans, des blaireaux et des castors, explique-t-il. Il est normal de protéger un animal qui est menacé. À partir du moment où il ne l’est plus, je pense qu’il ne doit plus entrer dans cette catégorie. »

Il a interrogé le ministre de l’Environnement, Benoît Lutgen (CDH), sur cette prolifération. Pour le député, il serait « opportun » de revoir la liste des espèces protégées en Wallonie.

La démarche n’est pas simple, lui répond en substance Benoît Lutgen. « Pour certaines espèces, le régime de protection implique une interdiction de tous les actes susceptibles de porter atteinte à leur survie », dit le ministre. Reste, comme porte ouverte, les dérogations.

« Des demandes ponctuelles sont régulièrement traitées. Leur examen tient compte des données existantes sur l’état de conservations des populations wallonnes », ajoute le Bastognard. D’où la nécessité d’avoir une connaissance fine de la faune. Des programmes d’inventaires et de surveillance, financés par le ministère, sont en cours : « Un suivi des mammifères a débuté voici deux ans. Dans un an, nous aurons une évaluation sur le blaireau. »

Pour le cormoran, « les rapports reçus suite aux autorisations de prélèvement ne démontrent pas l’efficacité réelle de cette méthode, qui doit, autant que possible, être combinée à des mesures de prévention ». Le choucas ne pose, lui, « pas de problème particulier ». Quant aux difficultés de cohabitation avec le castor, on les traite au cas par cas. Enfin, la modification du statut d’une espèce ne peut s’envisager « que sur la base de données précises ».

Les cormorans, la hantise gloutonne des pêcheurs

Depuis des années, les cormorans restent une variété qui irrite pêcheurs et pisciculteurs. Au fil des ans, cet oiseau a envahi la plupart des cours d’eau wallons, au départ de la Meuse et des canaux du Hainaut, une province où il existe deux colonies de nidification.

« Aujourd’hui, cet oiseau noir qui raffole des poissons est présent sur la Semois, la Lesse, la Lhomme, et même sur des petits cours d’eau ardennais », commente Benoît Sottiaux, président de la Fédération sportive des pêcheurs francophone de Belgique. Une invasion qui ne peut légalement être contenue via des tirs, le long de ces cours d’eau. « C’est assez décevant et paradoxal de voir qu’en Région wallonne, on restaure des frayères, alors que ces sites peuvent être anéantis par une forte présence de cormorans qui mangent ou blessent les poissons. Les dérogations de tir n’existent que pour les pisciculteurs professionnels qui peuvent introduire leurs demandes annuelles à la DNF, qui attribuera ou non un quota de tir. On en est là. »

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