L’extension inquiète Ecolo

ATTOUT,XAVIER

Page 9

Mardi 8 janvier 2008

Wavre et Grez-Doiceau L’avenir du Parc artisanal de Gastuche

Les verts craignent que le projet d’extension du parc réactive le dossier du contournement nord de Wavre.

L’extension du Parc artisanal de Gastuche (Grez-Doiceau) réactivera-t-elle le dossier de la construction du contournement nord de Wavre ? Les locales Écolo de Grez-Doiceau et de Wavre le pensent. Ils craignent que ce projet ne le démontre par l’absurde.

D’où viennent leurs inquiétudes ? D’une demande de permis d’urbanisme déposée fin décembre par la SA Parc artisanal de Gastuche à l’administration communale de Grez-Doiceau. Elle concerne l’aménagement d’une voirie le long de la chaussée de Wavre, sur un terrain en friche qui jouxte le parc artisanal. L’enquête publique est en cours. Elle se clôturera le 17 janvier.

Ce projet en cache un autre : la construction de plusieurs hangars de stockage. L’entreprise de transports routiers Pierre Logistic, déjà présente à Gastuche, souhaite augmenter sa capacité de stockage de 20.000 m2. Elle en possède 12.000 m2 aujourd’hui. Aucune demande de permis n’a néanmoins encore été introduite à ce jour. Mais cette extension amènera bien évidemment un charroi de camions supplémentaires sur la chaussée de Wavre. Alors que cette voirie est empruntée quotidiennement par 10.500 véhicules. Raison pour laquelle les Écolos s’inquiètent.

Huit camions par minute

Deux problèmes se posent donc pour les verts. Le premier concerne plus spécifiquement Grez-Doiceau. Il concerne des questions environnementales, urbanistiques et de mobilité. « Nous sommes contre ce projet, lance Erik Todts, conseiller communal grézien. Au plan environnemental, la zone d’extension est bordée de zones inondables, comme la roselière ou le bois de Laurensart. Ensuite, au niveau urbanistique, la vocation du parc est d’être un centre semi-urbain. Certains principes doivent être respectés. La construction récente d’immeubles de stockage hauts de 15 m a déjà rompu l’équilibre entre l’aspect extérieur des anciennes papeteries et les activités du parc artisanal. Mais d’après notre analyse, ce projet devrait être rejeté car il se situe en zone d’activité économique mixte. Alors que les activités de Pierre Logistic ne correspondent pas à cette affectation. »

Reste la question la plus délicate, celle de la mobilité. Écolo estime que cette extension entraînera 400 mouvements de camions par semaine. Soit un passage toutes les huit minutes. Auquel il faut ajouter la circulation quotidienne. La principale entreprise qui stocke sa marchandise à Gastuche est située au zoning nord. Les camions emprunteraient donc la N25, puis la chaussée de Wavre. « La mise en place de cette planque tournante du transport routier hypothéquerait sérieusement les projets urbanistiques et de mobilité de Grez-Doiceau, fait remarquer Erik Todts. Sauf si la demande de permis a pour objectif de démontrer par l’absurde et par la politique du fait accompli le besoin évident de la création d’un contournement de Wavre. »

Deuxième majeur : le contournement nord. Les Écolos craignent que les nuisances et le trafic routier résultant du projet puissent être instrumentalisés pour justifier la mise en œuvre de celui-ci. Or, ils sont radicalement contre. Enfin, précisons que comme ce dossier concerne Grez-Doiceau (voirie) et Wavre (bâtiments), c’est la Région wallonne qui tranchera. Les deux communes n’auront qu’un avis consultatif. Avec donc un éventuel duel à distance sur le contournement nord entre le ministre wallon de l’Aménagement du territoire André Antoine (CDH) et le bourgmestre empêché wavrien Charles Michel (MR)…

Pas de résultats.