Le pari responsable d’un homme d’État
DELVAUX,BEATRICE
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Mercredi 9 janvier 2008
La note « V » a donc ce premier et immense mérite de tracer une projection globale du pays : cela nous change des six derniers mois. Elle en a un second : elle est réaliste, consolidant d’une part l’idée d’un État fédéral fort – souhait francophone – en octroyant une large autonomie aux Régions – souhait flamand.
Soyons clairs, Verhofstadt refédéralise des compétences presque pour la galerie : coopération au développement et norme de bruits, c’est très peu de chose. Il consolide surtout le rôle de l’État fédéral comme arbitre et régulateur en chef des seuils et des normes moralement acceptables à l’intérieur desquels chaque Région pourra démontrer qu’elle est plus riche qu’une autre. Dans la Belgique de Verhofstadt par exemple, chômeurs, pensionnés, candidats aux crédits-temps, enfants recevront des allocations potentiellement très différentes selon les Régions. Faut-il s’en offusquer ? L’heure n’est plus à ce sentiment. Et s’il est évident qu’il faudra négocier nombre de points surtout sociaux repris dans cette note, batailler sur certains seuils d’autonomisation de compétences, il ne servira à rien de remettre en cause sa philosophie.
La note « V » redessine le fonctionnement belge et postule pour garantir l’équité et l’efficacité futures une véritable loyauté et une bonne foi entre Flamands et francophones au fédéral. C’est risqué, voire bancal. Mais c’est sans doute le seul pari à tenter car Verhofstadt évite les tabous qui feraient tout exploser (élargissement de Bruxelles, scission de la sécu) et demande à chacun d’accepter des compromis. L’histoire récente l’a prouvé : c’est la seule méthode permettant au pays de subsister. Il serait suicidaire de lui faire prendre la direction de la poubelle.
