Une petite ville dans la ville à Erasme

DUBOIS,FRANCIS

Mardi 15 janvier 2008

Anderlecht

Le projet Chaudron-Erasme vise la construction de 1.800 logements. Le promoteur a remis son ouvrage sur le métier. Il plaide une vision urbanistique douce et cohérente.

Revoilà le projet Erasme, qui avait fait tant de bruit il y a deux ans. Cette fois, le promoteur privé n’a pas pris le risque de se faire brûler par une fuite dans la presse et a décidé de communiquer en toute transparence la teneur de son grand projet immobilier en bordure du ring, à Anderlecht.

Réunies dans la société Foncière Erasme, BPI, Soficom et Deximmo ont déposé deux demandes de permis de lotir pour des terrains situés entre le centre sportif de Saint-Gilles, la voie de chemin de fer, le boulevard Henri Simonet et la route de Lennik. Une surface située en bordure de zone verte et coupée en deux par la rue du Chaudron. Le projet, exposé mardi matin au collège anderlechtois, porte sur la construction d’environ 1.800 logements. S’il doit voir le jour, c’est un potentiel de 3.500 habitants que pourrait abriter cette nouvelle petite ville dans la ville.

Le premier volet, baptisé Chaudron, est le plus modeste. Sur une superficie de 2,7 hectares, il porte sur la réalisation d’un lotissement de 72 maisons unifamiliales, ainsi que sur l’aménagement des voiries et des espaces publics. Les gabarits des bâtiments sont essentiellement des rez+1 (avec quelques rez+2), leur superficie moyenne est de 284 m2 et le prix moyen des lots (hors frais) est estimé dans une fourchette entre 85.000 et 100.000 euros.

De l’autre côté de la rue du Chaudron, le gros morceau est constitué par l’érection d’un quartier Erasme. Sur un terrain de 10,8 hectares, l’urbanisation du site repose sur la construction d’immeubles à appartements, de quelques maisons unifamiliales, de voiries et d’espaces publics. Au total, c’est un maximum de 1.749 équivalents-logements qui pourraient sortir de terre, dont 3 maisons unifamiliales, un maximum de 1.481 appartements à bâtir par la Foncière Erasme et un potentiel de 265 logements sur la parcelle dédiée au Foyer anderlechtois, au terme d’un éventuel échange de terrains qui n’a toujours pas eu lieu.

La hauteur maximale des bâtiments n’excède pas le rez+6. Rappelons à cet égard qu’un avant-projet prévoyait l’érection d’une tour de 18 étages… La surface moyenne des appartements se situe entre 60 et 120 m2 ; leur prix moyen (hors frais) entre 1.900 et 2.300 euros du mètre carré.

« Cette zone affectée à l’habitat par le Plan régional d’affectation du sol ne demandait plus que du logement, toutes les autres fonctions y sont déjà assurées », explique Michel Shames, directeur de projets chez BPI. L’ouest de la commune dispose en effet d’un tissu socio-économique assez dense avec l’implantation d’entreprises, d’un centre commercial, de l’hôpital Erasme et de sa faculté de médecine. « Nous avons aussi veillé à l’intégration de ce projet, rassure-t-il encore, en ne retenant que des gabarits faibles pour les bâtiments, en évitant une césure brutale entre la ville et la campagne, en renonçant à rejeter la circulation sur la petite rue du Chaudron ».

Le promoteur avance aussi l’accent mis sur le développement durable dans la conception du nouveau quartier (lire ci-dessous) et le soin porté aux espaces publics. « On a mis le paquet, assure Michel Shames : 32 % de la surface est cédée à la commune dans le projet Erasme, 27 % dans le projet Chaudron ».

Jean-Paul Buess, administrateur-délégué de Soficom, renchérit : « Nous ne voulons en aucun cas ériger une cité-dortoir. Il y aura du commerce, de la vie, bien d’autres affectations que du logement. Si, par exemple, une crèche de 200 m2 y est souhaitée, il faudra les soustraire de la superficie dévolue à l’habitat ».

Promenade verte, place garnie de commerces et d’entreprises horeca, piétonnier sont autant d’arguments encore avancés par le promoteur privé pour garantir l’animation et la qualité de vie au cœur de son projet. Reste à convaincre.

Pas de résultats.