Its a free world
n.c.
Mercredi 16 janvier 2008
Question : à près de 72 ans, quest-ce quun vieux briscard bardé de décorations a encore à prouver ? Réponse : tout ! Avec Its a free world, Loach nous balance un de ses plus grands films.
Nous voilà à Londres, en 2007, dans les pas et les instincts de survie dAngie. Une jolie blonde qui perd subitement son boulot, en étant victime dun abus de pouvoir. Mais qui se montre aussitôt prête à tout pour en retrouver un autre. Et pour savourer une forme de revanche sur le destin quitte à pousser le bouchon un peu trop loin. Et à entrer dans un engrenage qui va virer au désastre.
Surprise : voilà, à sa façon, un thriller social qui prend la forme dun réquisitoire, dune radicalité inouïe, sur la jungle insidieuse, mais bien réelle, dans laquelle nous évoluons. Se sortir du bourbier, constate un Ken Loach fulminant, cest aujourdhui et dabord y enfoncer les autres, à commencer par plus faible que soi. Ici, la main-duvre clandestine (Polonais, Iraniens, Ukrainiens) employée par Angie.
Rien de bien neuf ? Faux ! Car Its a free world ne se contente pas dêtre le procès-verbal des années Blair (ou Brown) : cest le manifeste des nouveaux enfants de la crise. Perdus et sans repères, à limage du personnage interprété par Kierston Wareing, totale inconnue jusquà ce jour et qui déchire littéralement lécran. Des enfants à qui Loach semble lancer simultanément une bouée de sauvetage et un avertissement sans appel, qui place le spectateur face à ses impératifs moraux : Occident, tu auras un jour à répondre de tes actes. Le jour où le Tiers-Monde et le Quart-Monde séveilleront et ce jour approche , ton heure viendra.
