Prodi refuse la démission de Mastella

n.c.

Mercredi 16 janvier 2008

Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a encaissé mercredi un nouveau coup avec la démission de son ministre de la Justice, Clemente Mastella, une décision qu’il lui a demandé de reconsidérer afin de sauvegarder une majorité déjà très fragile.

Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a encaissé mercredi un nouveau coup avec la démission de son ministre de la Justice, Clemente Mastella, une décision qu’il lui a demandé de reconsidérer afin de sauvegarder une majorité déjà très fragile.

M. Prodi a eu droit à une deuxième mauvaise nouvelle plus tard dans la journée avec le feu vert de la Cour constitutionnelle à un referendum sur une réforme de la loi électorale, qui risque aussi de faire tanguer sa majorité.

A l’issue d’une matinée mouvementée, M. Mastella a dit qu’il réservait sa décision sur son départ effectif du gouvernement.

Il avait annoncé sa démission devant la Chambre des députés peu après la révélation par la presse que son épouse, Sandra Leonardo, présidente du conseil régional de Campanie (sud, région de Naples), était mise en cause dans une affaire de corruption et assignée à résidence.

« Je remercie le président Prodi de m’avoir assuré de sa confiance. Mais en ce moment il est plus important que je sois auprès de ma femme. Toute autre décision viendra ensuite », a déclaré M. Mastella à l’issue d’un entretien avec M. Prodi.

Le ministre est le dirigeant de l’Udeur, un petit parti catholique de centre-gauche, l’une des formations dont le soutien est essentiel au gouvernement de M. Prodi qui s’appuie sur une majorité très fragile.

En annonçant sa décision, M. Mastella a déclaré démissionner « pour être plus libre, humainement et politiquement », laissant entendre que son parti qui compte trois sénateurs pourrait réexaminer son soutien au gouvernement.

« M. Mastella n’a pas annoncé sa démission dans un contexte innocent », a déclaré à l’AFP Marc Lazar, politologue spécialiste de l’Italie.

« Il semble vouloir rappeler son importance dans la majorité à M.

Prodi, et ce alors que la situation politique est très tendue dans l’attente de la décision de la Cour Constitutionnelle », a ajouté M.Lazar.

Celle-ci a annoncé en fin d’après-midi son feu vert au référendum d’intiative populaire visant à modifier l’actuelle loi électorale, un projet auquel M. Mastella, 60 ans, est totalement opposé.

L’éventuel succès de cette consultation, supposant la participation d’au moins 50 % des électeurs, éliminerait les petits partis tels que celui de M. Mastella de la compétition politique. M. Mastella avait auparavant menacé de démissionner en cas de feu vert du Conseil à cette réforme.

M. Mastella, qui appartenait au milieu des années 1990 à la majorité de droite de Silvio Berlusconi, a eu des relations orageuses avec une partie des magistrats depuis sa nomination en mai 2006 et il est l’une des cibles préférées de la presse italienne.

Son épouse, qui serait accusée d’avoir demandé de l’argent à un responsable hospitalier de Caserte, en Campanie, a affirmé avoir appris qu’elle faisait l’objet d’une assignation à résidence par la presse. Des policiers lui ont signifié la mesure dans l’après-midi, selon Ansa.

Une trentaine de personnes, dont le beau-père d’un des fils de M. Mastella, sont concernées par cette enquête, selon l’agence Ansa.

Il s’agit de la première démission d’un ministre depuis la formation en mai 2006 du gouvernement Prodi.

Le système électoral à la proportionnelle intégrale actuellement en vigueur en Italie a été adopté en décembre 2005 par la majorité de droite de Silvio Berlusconi, quelques mois seulement avant les législatives d’avril 2006 remportées par Romano Prodi.

Il a conduit à une fragmentation du paysage politique avec la présence de 22 partis au Parlement et accordé aux petites formations, notamment à gauche, un poids démesuré par rapport à leur influence réelle dans le pays.

(AFP)

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