Bruxelles alternera les plaques lors des pics de pollution

n.c.

Vendredi 18 janvier 2008

La Région bruxelloise pourra interdire partiellement ou totalement le trafic dans la capitale à partir de l’hiver prochain, en cas de pics de pollution. Trois seuils prédéfinis de pollution correspondront à différentes mesures, dont l’interdiction de circuler en voiture en fonction du numéro de la plaque d’immatriculation.

Selon les statistiques, un tel cas de figure pourrait se présenter une fois tous les deux ou trois ans.

Le seuil ultime, qui prévoit l’interdiction pure et simple du trafic automobile, ne s’est actuellement encore jamais présenté statistiquement dans la capitale, ont affirmé vendredi les ministres bruxellois de l’Environnement, Evelyne Huytebroeck et de la Mobilité Pascal Smet.

Ceux-ci ont présenté par le détail le contenu des mesures adoptées jeudi par le gouvernement bruxellois par le biais d’un arrêté qui devra encore être soumis au Conseil d’Etat.

Lorsque la Cellule Interrégionale de l’Environnement prévoira des pics de pollution d’au moins 48 heures, en fonction des prévisions météo, les limitations du trafic interviendront à partir du deuxième jour de pollution excessive.

Au premier seuil d’intervention (entre 71 à 100 microgrammes de microparticules et de dioxyde d’azote), la vitesse sera réduite à 50 km/h, partout, y compris sur les quelques rares portions des artères bruxelloises où elle ne l’est pas en permanence ; et à 90 km/h sur le ring, en accord avec la Flandre et la Wallonie.

En cas de dépassement du deuxième seuil d’intervention (de 101 à 200 mg/m3), le trafic sera interdit à la moitié du parc automobile en fonction du numéro d’immatriculation (pair ou impair).

Ce cas de figure ne devrait toucher chaque véhicule qu’une fois tous les 5 ou 6 ans, sauf aggravation observable dans les prévisions statistiques.

Les poids lourds de plus de 3,5 tonnes ne pourront plus circuler dans les 19 communes bruxelloises, aux heures de pointe.

Le réseau de la STIB sera renforcé de 15 % et son accès gratuit.

La Société des transports publics bruxellois recevra pour ce faire un montant forfaitaire de 600.000 euros couvrant le coût d’un tel dispositif pour deux jours par an, a précisé le ministre des Transports Pascal Smet.

Les véhicules dits prioritaires, c’est-à-dire destinés à la collecte des déchets, aux transports de personnes (taxis et véhicules de personnes handicapées inclus) et ceux qui respecteront les normes environnementales les plus sévères échapperont à cette limitation.

Les ministres bruxellois ont également prévu d’interdire totalement le trafic automobile à Bruxelles, lorsque le pic de pollution dépassera 200 microgrammes par m3 d’air.

Mais ce niveau n’a jamais été dépassé jusqu’ici, ont souligné Evelyne Huytebroeck et Pascal Smet.

Les deux ministres ont insisté sur le fait que dans des villes telles qu’Athènes, Rome ou Paris, où le trafic automobile avait dû être épisodiquement limité, l’impact économique négatif n’avait pas dépassé 5pc le jour de l’interdiction partielle de circuler.

Selon eux, ce recul a été compensé dès la reprise des conditions normales de circulation.

D’après Pascal Smet, le dispositif devrait toucher surtout les navetteurs.

Au sein de la population bruxelloise, un déplacement sur 5 en voiture couvre moins d’un kilomètre, et dans 3 cas sur 5, le parcours est inférieur à 5 km, des distances pour lesquelles les modes de déplacement doux constituent un plus (à pied, à vélo, en transport en commun).

(afp)

Pas de résultats.