Lizin anime « Textes and the City »

VANESSE,MARC

Samedi 19 janvier 2008

Huy Nouvelle accusation de dérapage verbal contre la bourgmestre

Traitée de « punaise » et de « nazie », la parlementaire Ecolo Dethier porte plainte. Lizin nie : « Coup monté ! »

Vous avez apprécié Anne-Marie Lizin dans le 123e épisode de « Textes and the City » où elle traitait l’échevine Toussaint (PS) de « sale pute » ? Alors, vous allez adorer la dernière livraison de la semaine où la bourgmestre de Huy a qualifié la députée Monika Dethier (Ecolo) de « punaise » et de « nazie ». Encore faudra-t-il que vous puissiez démêler le vrai du faux dans cette énième histoire de gros mots. Eloignez les enfants.

Scène 1 : les faits. Mercredi vers minuit, à la fin du conseil communal de Huy, la plupart des acteurs politiques se retrouvent à « La Brasserie », un bistrot de la Grand-Place. Par couleurs, les conseillers papotent et refont le match autour d’une mousse. Au bout de quelques minutes, Anne-Marie Lizin débarque. « J’ai vu une petite dame rejoindre Anne-Marie, son mari Michel et un type que je ne connais pas, nous confie un serveur. Et elles ont parlé près du comptoir. Je n’ai rien entendu. »

Après la discussion, Monika Dethier rejoint ses amis : « Elle était atterrée, se souvient Marc Hody (Ecolo). Malheureusement, je n’ai pas entendu les mots “punaise” et “nazie”. Par contre, j’ai bien vu Michel Lizin embêté dire à Anne-Marie : “C’est bon, maintenant, on y va”. Anne-Marie s’est alors dégagée et est revenue vers Monika et lui a dit : “On m’avait parlé de vous. Je sais qui vous êtes. Vous êtes une parlementaire de droite !” »

Scène 2 : la version de Dethier. « J’ai assisté au conseil communal car je venais d’interpeller le ministre Courard (PS) concernant le dossier des tracts distribués par les fonctionnaires de Huy. Au bistrot, j’étais avec des amis et j’ai attendu qu’Anne-Marie Lizin soit seule pour me présenter à elle par courtoisie. Elle a souri : “Je suis contente de savoir qui vous êtes”. Elle m’a demandé comment les choses s’étaient passées à Namur. Je lui ai expliqué la séance et le lancement de l’enquête lancée par Courard.

Puis, nous avons eu une discussion sur la neutralité du secrétaire communal. Nous n’étions pas du même avis. Elle m’a dit : “Je sais maintenant que vous êtes une punaise”. Germanophone, je ne connaissais pas l’utilisation de ce mot que j’assimilais à “Zut”. Je lui ai dit : “Excusez-moi, je ne comprends pas cette expression”. Elle m’a répondu : “C’est un tout petit peu nazi comme vous !”

Là, j’ai arrêté l’entretien. Après dix minutes, elle me traitait déjà comme cela ? Qu’est-ce que cela doit être avec les gens qui dépendent d’elle ? Le lendemain, j’ai décidé de porter plainte devant le Centre pour l’égalité des chances. Le rapport entre nazi et germanophone était évident ! »

Scène 3 : la version de Lizin. « Elle est venue m’agresser sur le thème du secrétaire communal. D’abord en français, puis en allemand. J’ai trouvé ses propos antisocialistes. Il n’y a pas eu d’incident. Des témoins peuvent le prouver. Jamais, je n’ai prononcé les mots “punaise” ou “nazie”. Il se peut qu’elle n’ait pas compris mon allemand, qui n’est pas parfait. C’est un coup monté par Ecolo ! On m’attaque, puis on passe l’info inexacte au JT. »

Scène 4 : Jean-Michel Javaux. Pour le président des Verts, c’est le mot de trop : « Parler de coup monté, c’est ridicule ! Lizin ne maîtrise plus du tout la situation. Ce dérapage est inacceptable ! Je connais Monika Dethier, une parlementaire droite, honnête, incapable de mentir. Ce qui m’inquiète, c’est le sentiment d’impunité qu’éprouve Lizin, véritable Dr Jeckyll et Mister Hyde. Elle vous a dit : “J’aime la bagarre !” Elle ferait mieux d’admettre que c’est dans la difficulté qu’on se grandit.

Elle attaque ouvertement l’indépendance journalistique. Présidente du Sénat, elle outrepasse la séparation des pouvoirs (lettre au magistrat en 2005). Elle lynche son échevine qui a toujours été réglo avec elle. Elle en a lâché d’autres. Concernant ce dernier dérapage verbal, il faut qu’Elio Di Rupo ne ferme pas les yeux. Quand la commission de vigilance du PS va-t-elle se réveiller ? »

Scène 5 : Elio Di Rupo. Pour le président du PS, il faut clarifier : « Si ces propos ont été tenus, c’est tout à fait inacceptable ! On ne peut le tolérer de quiconque, a fortiori d’une mandataire socialiste. Mais nous devons mettre tout cela au conditionnel. Mme Lizin dément formellement. C’est la parole de l’une contre celle de l’autre. Aux instances compétentes de dire les choses. Notons qu’Anne-Marie Lizin s’est excusée quand elle a tenu des propos désobligeants contre Mme Toussaint. »

Scène 6 : épilogue provisoire. Une plainte a donc été déposée ce vendredi au Centre pour l’égalité des chances par Monika Dethier. Mais le contexte légal (loi Moureaux contre les propos racistes et discriminatoires) semble peu adapté à ce genre de situation (lire ci-contre).

Making of. Ajoutons cette ultime information concernant le bourbier hutois. Histoire de calmer le jeu au sein du PS local en pétard, la direction du parti a diligenté un casque bleu chargé de retrouver un espace de discussion entre Anne-Marie Lizin et l’échevine Micheline Toussaint. Echevin de Wanze (commune limitrophe), Alain Bolly a déjà rencontré les drôles de dames pour un premier round. De… réconciliation.

Pas de résultats.