Panique sur les marchés boursiers
n.c.
Mardi 22 janvier 2008
L'ensemble des places boursières européennes ont ouvert en forte baisse, après un premier plongeon lundi. Les Bourses d'Asie ont subi de nouvelles pertes monumentales mardi, toujours hantées par la crainte d'une récession aux Etats-Unis.
L'ensemble des places boursières européennes ont ouvert en forte baisse mardi, après un premier plongeon lundi, avec des chutes de 3,95% pour l'Ibex à Madrid, 3,88% pour le Dax à Francfort, 2,83% pour le Footsie à Londres et 2,57% pour le CAC 40 à Paris.
A Francfort, le Dax est même passé sous la barre des 6.500 points quelques minutes après l'ouverture des échanges, en baisse de 4,62% à 6.482,15 points à 09H13 (HB), alors que le mouvement de panique entamé la veille se poursuivait.
A Paris, le CAC 40 a également ouvert en forte baisse, à 4.622,70 points, au lendemain d'une dégringolade de près de 7%. L'indice parisien, revenu à ses niveaux de juin 2006, accuse désormais une baisse de plus de 17% depuis le début de l'année.
L'indice Ibex-35 de la Bourse de Madrid, qui a enregistré lundi la plus forte baisse de son histoire en une séance (-7,54%), a poursuivi sur cette tendance mardi, ouvrant en baisse de 3,95% à 12.427,3 points.
Le Footsie a Londres n'a pas fait exception, ouvrant à nouveau en très forte baisse mardi matin. Le Footsie-100 cédait ainsi 2,83% à l'ouverture, à 5.420,50 points après avoir déjà reculé de 5,48% la veille.
Peu après l'ouverture, les mouvements étaient les mêmes à la Bourse suisse(-3,42% pour le SMI), à Amsterdam (-3,91%) et à Milan (-3,49% pour le Mibtel).
Comme la veille, les investisseurs redoutent à la fois une récession aux Etats-Unis, qui pourrait se propager à l'ensemble de l'économie mondiale, et une crise majeure du système financier, plombé par les difficultés des rehausseurs de crédit.
La dégringolade a dépassé 5 % à Tokyo, 7 % à Shanghaï et 8 % par moments à Hong Kong, tandis qu’à Bombay et Séoul, la séance a été suspendue pendant quelque temps après des plongeons vertigineux.
Les marchés d’Asie avaient déjà vécu une journée noire lundi, contaminant les places européennes qui avaient alors encaissé leurs plus fortes baisses depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
A Tokyo, deuxième place financière mondiale, l’indice Nikkei des valeurs vedettes a terminé à son plus bas niveau en plus de 28 mois après une chute libre de 5,65 %, qui a suivi une sévère perte de 3,86 % lundi. Le principal indice tokyoïte a fondu de près de 18 % depuis le début de l’année, et de plus de 31 % par rapport à son meilleur niveau de 2007, atteint début juillet. Sur tout le reste du continent, les investisseurs vendaient également massivement leurs actions pour la deuxième journée consécutive. L’indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong s’effondrait ainsi de 8,04 % à la mi-séance, mais se redressait quelque peu dans l’après-midi.
A Shanghaï, où l’indice composite a chuté de 7,22 % en clôture, la cotation de l’action Bank of China a été suspendue alors que, selon des médias, la deuxième banque chinoise s’apprête à annoncer des pertes sur ses titres adossés à des prêts hypothécaires à risques américains (« subprimes »).
A Séoul, la séance a été temporairement suspendue alors que l’indice Kospi dévissait de 6,23 %. La situation s’est légèrement rétablie à la reprise, et l’indice-phare du marché sud-coréen a terminé la journée en baisse de 4,43 %.
La séance a également été provisoirement suspendue à Bombay après une chute spectaculaire de 9,75 % de l’indice Sensex à l’ouverture. Après sa reprise, l’indice chutait encore de 6,47 % vers 6H00 GMT. La Bourse de Bombay avait déjà battu lundi son record historique de pertes pour une seule séance (-7,41 %).
« Le pire est peut-être passé. Le marché doit se remettre des chutes qu’il a subies. Cette panique soudaine n’a aucun motif rationnel car les fondamentaux de l’économie indienne ne peuvent pas changer du jour au lendemain », a fait remarquer VVLN Sastry, directeur de Firstcall India Equity Advisors.
A la mi-séance, Singapour chutait de 4,83 % et Bangkok de 4,45 %.
Jakarta plongeait de 10,17 % dans les échanges de l’après-midi et Kuala Lumpur de 4,52 %.
En clôture, Sydney a perdu 7,05 %, sa plus lourde chute journalière depuis octobre 1997. « C’est un carnage total, impossible de décrire la situation autrement », s’est désespéré Justin Gallagher, courtier chez ABN Amro.
Manille a terminé en baisse de 5,52 % et Taïpeh de 6,51 %. La Bourse de Nouvelle-Zélande a été la seule relativement épargnée (-1,09 %).
Les frayeurs des investisseurs asiatiques concernant l’économie américaine, minée par les problèmes des « subprimes », n’ont pas été calmées par le plan de relance de 140 milliards de dollars proposé vendredi par le président américain George W. Bush, ni par la perspective de nouvelles baisses de taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed).
« A moins que le gouvernement américain ne décide d’injecter des fonds publics pour résoudre le problème des ’subprimes’, les craintes d’un assèchement du crédit ne disparaîtront pas », a estimé Osamu Tamada, stratège chez Mizuho Investors Securities à Tokyo.
« On craint de plus en plus que le ralentissement économique aux Etats-Unis se propage à d’autres parties du monde. On assiste à une panique soudaine, à cause des perspectives de l’économie et des marchés d’actions mondiaux », a ajouté Howard Gorges, vice-président de South China Securities à Hong Kong.
Les marchés américains étaient fermés lundi, jour férié aux Etats-Unis, ce qui a accru la volatilité des indices sur les autres places où les intervenants étaient privés de direction claire, selon les courtiers.
Lundi, la Bourse de Bruxelles a clôturé en baisse de 5,48 %, son indice vedette le Bel 20 terminant à 3.492,48 points, au plus bas depuis le 14 juin 2006. L’indice belge a été tiré vers le bas par le groupe bancaire franco-belge Dexia, qui a perdu 8,19 %, clôturant à 13,9 euros, et par le groupe français Suez, également très présent en Belgique, qui a perdu 7,42 %, terminant à 41,55 euros. Seul le groupe Omega Pharma, spécialisé dans la production et la distribution de médicaments sans ordonnance, a gagné du terrain, terminant à 31,66 euros (+0,99 %).
Les valeurs financières ont particulièrement souffert car les investisseurs craignent qu’elles ne subissent de nouvelles pertes en raison de leur exposition au marché des crédits hypothécaires à risque (subprime) américain.
Les places boursières européennes ont connu un lundi noir, affichant dans certains cas leur plus fort recul depuis les attentats du 11 septembre 2001 à New York en raison des craintes engendrées par la crise des subprimes et des craintes de récession de l’économie américaine.
Francfort a plongé de 7,16 %, Paris de 6,83 %, Londres de 5,48 % et Madrid de 7,54 %.
(D’après AFP et Belga)
L'euro continuait à baisser mardi matin, passant sous 1,44 dollar pour la première fois depuis près d'un mois (1,4383 dollar) au début des échanges européens, sur fond de crise boursière mondiale et de craintes d'une propagation à l'Europe de la mauvaise situation économique américaine.
