La « clef » maçonnique serait en Ecosse
CHARDON,FREDERIC
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Jeudi 31 janvier 2008
La Une / Un documentaire enquête sur les mystérieuses et complexes origines de la franc-maçonnerie
La réalité est tout autre. Les loges maçonniques sont, loin de cette théorie du complot, des clubs initiatiques dont le but est de perpétuer les valeurs de tolérance et de fraternité entre les hommes. Toutefois, les origines précises de cette spiritualité sont encore méconnues. Où et comment est-elle née ? À quel besoin répond-elle ? La Une nous propose, ce soir à 22 heures, une explication, avec La clef écossaise.
Écartons tout d’abord deux pistes souvent évoquées. Premièrement, les Templiers ne sont pas les ancêtres des francs-maçons. Il s’agit d’une pure invention, remontant au XVIIe siècle, qui visait à conférer une aura chevaleresque aux loges et à leurs membres. Seconde hypothèse à écarter : les tailleurs de pierre anglais du Moyen-Âge, ces bâtisseurs de cathédrales réunis en corporations structurées aux rites très codés, seraient les véritables précurseurs de la franc-maçonnerie. Mais ces corps de métier ont été dissous sous les Tudor, en raison de l’utilisation de la brique dans les constructions.
Bon, alors ? Quelle est la bonne piste ? Accrochez-vous, c’est maintenant que cela se complique… Une bonne partie de cette filiation viendrait en fait des confréries de (vrais) maçons… écossais, qui auraient constitué, dès le XVIe, les véritables ancêtres des clubs francs-maçons.
En fonction de son statut, de ses compétences, le maçon écossais avait connaissance du « mot du maçon », mot secret ou poignée de main particulière, « clef » obligatoire pour obtenir du travail dans la corporation. Se tournant de plus en plus vers la spiritualité, les loges ont ensuite accueilli des visiteurs étrangers au métier, qui étaient malgré tout initiés et qui propageaient alors les valeurs apprises.
Pourquoi une telle évolution intellectuelle ? À la fin du XVIe siècle, leurs règles ont été formalisées par un « civil servant », William Schaw. Conscient que bon nombre de maçons étaient illettrés, ces statuts prévoyaient l’obligation d’apprendre des textes par cœur. Afin de les retenir, les membres recouraient à la technique des grands orateurs de l’Antiquité : la visualisation mentale des éléments du discours, qui a débouché sur une forte introspection personnelle.
Toutefois, la franc-maçonnerie moderne est aussi le résultat d’un enchevêtrement complexe d’emprunts ésotériques, rituels, historiques et philosophiques, qui dépassent largement la seule origine écossaise.
