La ville en proie à la folie carnaval
DE PAEPE,ALEXANDRA
Page 10
Vendredi 1er février 2008
Binche Tout ce que vous devez savoir sur les jours gras
Vers 15 h, les sociétés entament le cortège carnavalesque, au départ de la place Eugène Debraix. C’est un grand moment pour les gilles car ils arborent un costume, dit de fantaisie, tenu secret jusqu’alors. L’actualité stimule souvent leur imagination quant au choix du costume. Il ne serait donc pas étonnant d’apercevoir Sarko et Carla, Britney ou encore Yves Leterme.
Pour le lundi, place aux enfants. Dès 10 h, les jeunesses arpentent les rues sur des airs de viole. C’est en ce jour, considéré comme le plus calme des trois, qu’a lieu la célèbre bataille de confettis. L’après-midi, les enfants sortent « en musique », c’est-à-dire accompagnés de tambours et d’orchestres de cuivres.
A 16 h, tous se rassemblent pour un rondeau de l’amitié sur la Grand-Place. La journée se termine vers 19 h avec un grand feu d’artifice place Eugène Debraix.
Apothéose du carnaval binchois : le jour du mardi gras. Dès 4 h, les gilles se regroupent petit à petit en allant de maison en maison. C’est ce qu’on appelle le « ramassage ». Vers 8 h, il est l’heure d’entamer le traditionnel déjeuner du gille composé d’huîtres et de champagne. Paysans, pierrots et arlequins contribuent également à animer les rues de la ville dès l’aube. Tous se dirigent vers la Grand-Place. A 10 h, les gilles portent leur célèbre masque, symbole de l’unicité des gilles. Ils sont ensuite reçus à l’hôtel de ville. Le cortège se disloque pour le dîner. Les oranges sanguines et le chapeau de plumes, célèbres symboles, eux aussi, du folklore binchois font leur apparition vers 15 h. Le cortège traverse toute l’avenue Charles Deliège et la rue Notre-Dame pour se terminer par un grand rondeau sur la Grand-Place. La ville est alors envahie d’une pluie d’oranges. Aux alentours de 19 h 30, ce premier cortège fait place au cortège aux lumières. Gilles, pierrots, paysans et arlequins dansent alors à la lumière de feux de Bengale. La ville se transforme alors en gigantesque théâtre d’ombres chinoises. L’embrasement de la Grand-Place est prévu pour 21 h 30.
Le carnaval touche alors à sa fin, ou presque. Les fêtards continueront à danser aux rythmes des tambours jusque tard dans la nuit. Le tambour doit s’arrêter avant le lever de soleil du mercredi des cendres.
« Il n’y a qu’un Binche au monde », dit l’expression. Avec son faste, ses couleurs et ses célèbres gilles, le carnaval binchois ne contredira pas l’adage. Des milliers de visiteurs se pressent, chaque année, du monde entier pour admirer l’un des plus célèbres carnavals de notre pays. Et ce n’est pas près de s’arrêter pour cette ville dont la devise est « Plus Oultre ». Ce qui signifie : « toujours mieux »…
250 plumes sur la tête et 40 kilos d’oranges
Véritable symbole du carnaval binchois, le mimosa aurait fait son entrée dans la tradition binchoise aux alentours des années 1940. « Un certain Charles Bondu aurait apporté un ou deux cartons de mimosas à la Grand-rue, explique un fleuriste du Centre-ville. Il aurait mis deux jours pour les vendre. Depuis, le mimosa est devenu très important à Binche. » La tradition veut que les hommes offrent un bouquet de mimosas à leur femme, leur fille, ou encore leur amie. (A. D. P.)
Afin de renforcer la sécurité dans les rues et d’éviter les risques de bagarre, la vente d’alcool supérieur à 15 degrés ou se trouvant dans des récipients en verre sera strictement interdite dans les night-shops durant les trois jours gras. Un poste médical avancé des urgences du CHU Tivoli veillera également au grain, jour et nuit, devant l’Athénée Royal de Binche, situé Place des Droits de l’Homme. (A. D. P.)
Pratique
