Le chaud de Cockerill prolongé jusqu’en 2012
JULY,BENOIT
Vendredi 1er février 2008
Sidérurgie ArcelorMittal assumera le tiers des quotas de CO2 nécessaires
Contrairement au refus clamé par le sidérurgiste de négocier quoi que ce soit (nos éditions de vendredi), une partie significative de l’effort lui sera bien imputée, le solde des contributions étant réparti entre les entités fédérale et fédérées, et d’autres industriels.
S’agissant de la diminution de 7,6 %, l’effort sera réparti à parts égales entre Flandre et Wallonie. Comme c’était pressenti, les électriciens feront essentiellement les frais de l’opération, en voyant leur enveloppe rabotée de 1,1 million de tonnes par an. Mais pas n’importe comment, puisque ce sont les centrales les plus polluantes (au charbon, au gaz d’ancienne génération…) qui se verront privées de quotas.
Pour Cockerill, dont les besoins en quotas sont de 4 millions de tonnes par an, une partie de l’effort viendra du fédéral (600.000 tonnes), et l’essentiel de la Région wallonne (1,7 million de tonnes), qui effectuera notamment des transferts dans les enveloppes disponibles par un mécanisme de « swap » (lire par ailleurs).
ArcelorMittal, enfin, prendra bien 1,4 million de tonnes à sa charge.
« Cette annonce nous permet d’avancer, avec les autorités wallonnes et les partenaires sociaux, sur ce redémarrage qui renforcera sans nul doute la compétitivité et l’emploi à Liège et en Région wallonne », se réjouit ArcelorMittal par communiqué.
Mais comment le groupe va-t-il absorber le surcoût lié à la prise en charge de 1,4 million de tonnes ? « C’est de leur ressort », commente Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l’Economie. « Ce qui est sûr, c’est que le fait de fonctionner sur deux hauts-fourneaux au lieu d’un seul va renforcer davantage la compétitivité de la filière que la prise en charge partielle des quotas ne la pénalisera. Liège consolide par ailleurs une sidérurgie intégrée, et pérennise de ce fait les usines du froid situées en aval. »
Cette promesse aura, cependant, un coût. Nonobstant les quotas non utilisés par les entreprises existantes, et ceux pris chez les électriciens (1,1 million de tonnes par an), il faudra en effet pouvoir accorder des quotas à d’éventuels nouveaux projets afin de ne pas pénaliser le développement économique.
Une réserve de 600.000 tonnes par an devra être constituée par la Région, en sus de la réserve de 1,7 million de tonnes déjà constituée.
Il faut mentionner aussi les travailleurs de Cockerill et leurs représentants syndicaux FGTB et CSC.
« Lakshmi Mittal est un sidérurgiste qui sait apprécier la qualité d’un outil, je suis persuadé que cela a joué », affirme Francis Gomez (FGTB-Métal), qui a toujours cru au sauvetage et se souvient du détour « imposé » à l’homme fort du groupe par les sites de la phase à chaud lors de sa venue à Liège, l’an dernier, alors que les officiels n’avaient pas mis ce point au programme.
