Le rôle du psy : éclairer au mieux le magistrat

BORLOO,JEAN-PIERRE

Mercredi 6 février 2008

« La dynamique psys-magistrats se met progressivement en place. » C’est ce que nous écrivions en 2002. Depuis lors, les choses ont-elles évolué ? En partie seulement.

Le psy doit éclairer le juge, ni plus ni moins. Il ne doit pas juger à sa place. Son apport doit être technique, précis et clair, pour permettre au magistrat de mieux appréhender l’individu qu’il doit juger, ainsi que son vécu au moment des faits et ses perspectives d’avenir – dont le risque de récidive.

Simple à dire. Dans la pratique, l’expert psychiatre, mandaté par le juge pour examiner un suspect ou une victime, a peu de temps et de moyens pour mener à bien son travail. Cela dit, les techniques d’écoute ont évolué, notamment pour l’audition des mineurs d’âge. Et le décodage des traits de la personnalité peut se faire, assez correctement, en peu de temps. S’il y a participation de l’intéressé.

Au fil des collaborations, psys et magistrats ont aussi appris à se connaître, à se respecter, et à mieux appréhender les spécificités de l’autre. Le magistrat sait mieux lire ce langage qui n’est pas juridique. Certains magistrats, en place depuis des années, reprennent même des études afin d’encore mieux comprendre la portée d’une expertise psychiatrique, notamment pour en jauger les conséquences. Et les experts ont compris que juger à la place du juge déforçait leur travail.

Magistrats et experts effectuent chacun un travail essentiel, mais à un niveau différent. Le juge ne peut se contenter d’une expertise pour asseoir sa conviction ; il en fait une pièce, parmi d’autres, de son dossier.

Enfin, pour bien faire, les expertises devraient également se faire de manière dynamique, tout au long de l’instruction judiciaire et en parallèle avec celle-ci. Afin d’être alimentée par les éléments mis en lumière par les enquêteurs.

Mais pour cela, il faudrait que la justice dispose des moyens adéquats pour mener à bien sa mission. Et que les psys puissent aussi garder un pied à l’extérieur de l’expertise pour coller à la réalité clinique.

Pas de résultats.