L'heure des comptes pour le gouvernement
METDEPENNINGEN,MARC
Jeudi 7 février 2008
Commentaire
L’arrêt de la cour d’appel d’Anvers ne légitime pas les actions terroristes avérées du DHKP-C en Turquie, pas plus qu’il n’invite tous les extrémistes du monde à installer des bases de repli en Belgique pour y stocker des armes, des explosifs ou y préparer des actions violentes. Les juges anversois n’ont fait qu’apprécier, en droit, ce qui pouvait être imputé personnellement aux inculpés, sans avoir égard aux supputations émises par le parquet fédéral ou à la doctrine sécuritaire née de l’après 11 septembre 2001. Au-delà de cet arrêt, deux constats effrayants demeurent.
1. Pour juger en première instance les militants du DHKP-C, un juge fut spécialement désigné à l’instigation du parquet fédéral par la cour d’appel de Gand. La Cour de cassation, heureusement, anéantit les décisions de cet intolérable « tribunal d’exception » dont la vocation était d’emporter la lourde condamnation des prévenus.
2. Le gouvernement belge a organisé en avril 2006 l’extradition de Bahar Kimyongur (citoyen belge, réputé et désormais innocent) vers la Turquie, via une arrestation orchestrée aux Pays-Bas. Les cabinets de Laurette Onkelinx, Guy Verhofstadt, Patrick Dewael, le parquet fédéral et des représentants de la Sûreté et de la police fédérale se sont rendus complices, à l’occasion d’une réunion secrète tenue le 26 mars, de cette ignominie, digne des pires dictatures.
L’actuel gouvernement (au sein duquel se retrouvent les mêmes) a décidé de s’asseoir sur ce « complot d’Etat » visant à satisfaire les attentes de la Turquie. Aucune autorité judiciaire n’a, pas plus, osé s’ériger contre cette atteinte impensable à l’Etat de droit qui, en cette affaire, a été outragé.
