Pas de paix durable
VOOGT,FABRICE
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Lundi 11 février 2008
Bruxelles La construction passive divise PS et Ecolo
Marie Nagy : C’est une région prospère mais je n’admets pas la réaction de l’échevin Ouriaghli, qui parle d’écologie pour riches. Il y a une cohérence à Fribourg. Ils ont tout misé sur les énergies alternatives en impliquant politiques et syndicats, après avoir refusé le nucléaire il y a 30 ans. Ils ont une politique de formation professionnelle axée sur les énergies nouvelles et une dimension emploi importante avec une usine dédiée à l’énergie solaire qui fournit 250 emplois. Pourquoi Bruxelles ne pourrait-elle être une ville phare en la matière ?
Mohamed Ouriaghli : Je suis d’accord avec Marie Nagy mais la réalité ne s’arrête pas là. C’est un beau projet au départ : bâtir 50 % de logements sociaux. Mais on en a réalisé la moitié. On disait mettre 20 % du parc pour de l’acquisitif, on en est à 70 %. Vauban, un des deux quartiers, est réservé à des privilégiés, aux ayatollahs de la chlorophylle. En banlieue, il y a des tours de logements sociaux mal isolés, comme on en construisait dans les années septante. A Bruxelles, on veut répondre à la crise du logement. Combien de familles ne vivent-elles pas encore dans des taudis ? Allez leur parler d’écologie. Ce qu’elles souhaitent, c’est un logement à prix abordable. Je ne dis pas qu’il faut laisser l’écologie de côté. On doit tendre vers un objectif d’économie d’énergie et c’est ce que l’on fait avec la charte qualité.
M. N. : La charte est dépassée par rapport à la nouvelle ordonnance sur les performances énergétiques des bâtiments.
M. N. : Depuis le rapport du Giec montrant de manière indubitable qu’il faut prendre en compte les changements climatiques et de tout faire pour économiser l’énergie, il y a urgence. Le projet de l’agenda 21 contenait des règles d’économie d’énergie. Il était près à la fin de la législature précédente. On l’attend toujours.
M. N. : Les pouvoirs publics ne peuvent pas se permettre de déqualifier le mouvement écologique. La vraie question est la suivante : comment réduire la production de CO2 ? L’énergie va être de plus en plus chère. Là est la question sociale. Car qui va être l’otage de sa facture d’électricité et des différentes charges ? Les moins nantis.
M. O. : Ecolo préférerait peut-être qu’on en fasse la moitié, mais passifs. Je ne m’oppose au développement durable, mais il faut éviter le gaspillage.
M. N. : Je trouve triste qu’un responsable politique tienne ce type de discours.
M. O. : Je suis pragmatique.
M. N. : En 2008, construire du logement sans aller vers ce qu’il y a de plus performant en matière d’économie d’énergie, c’est irresponsable. Avec 5 ou 10 % de frais en plus, et pas 50 comme vous le dites, on peut faire les mille logements dans des règles strictes.
M. N. : Par manque de volontarisme. On estime que c’est du gadget. Or, il y a des fonds qui existent pour des tiers investisseurs au niveau fédéral. On investit dans la réduction d’énergie et on rembourse l’emprunt avec les économies réalisées. Ce n’est donc pas impossible d’être au top.
M. O. : Ce n’est pas le cas de Marie Nagy. D’ailleurs, elle convient qu’il ne faut pas faire du photovoltaïque partout. Je rappelle à cet égard que le panneau photovoltaïque tourne la moitié de sa vie pour résorber l’empreinte écologique de sa fabrication.
M. N. : Je pratique l’opposition constructive. Ce n’est pas un parti ou une institution qui feront la différence, mais les pouvoirs publics dans leur ensemble.
