Nouveau revers pour la Citadella

SAUSSEZ, ISABELLE

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Mardi 12 février 2008

Farciennes André Antoine refuse le permis unique pour le complexe commercial

Le promoteur et le mayeur farciennois déplorent la « décision purement politique » du ministre CDH.

Le projet « Citadella », du nom du gigantesque centre commercial dédié à la maison, aux sports et aux loisirs, a du plomb dans l’aile. Le dossier porté par la S.A. La Citadelle, filiale belge du groupe italien Moro, vient en effet de subir un nouveau revers avec le refus du ministre wallon de l’Aménagement du Territoire de lui délivrer le permis unique.

Pour rappel, le projet était revenu sur le bureau d’André Antoine après le recours suspensif introduit par le fonctionnaire délégué. À noter que « Namur 80 », une association membre d’IEW, les villes de Namur et Sambreville, l’association des commerçants namurois, le fonctionnaire délégué et un couple de riverains avaient également introduit des recours. Le ministre a donc finalement décidé de suivre l’avis de son administration en refusant le permis unique pourtant accordé il y a moins de six mois par le collège communal farciennois. « Tant pour des motifs de forme que de fond ». Une décision dont s’est félicitée l’association Inter-Environnement Wallonie qui s’est opposée à la construction du complexe commercial.

Bataille d’arguments

Selon le ministre, des éléments essentiels sont absents du dossier en regard des réglementations existantes, dont l’accord des pompiers. « Faux ! » rétorquent en chœur le représentant du groupe Moro Robert Marlier et le bourgmestre PS de Farciennes Hugues Bayet. « Les pompiers ont émis un avis favorable. Le ministre ne l’aurait-il pas reçu ? », s’interroge le mayeur qui n’exclut pas, à demi-mot, des tentatives de « sabotage » de l’administration. La présence de gaz sur le site, le non-respect du rapport urbanistique et environnemental (RUE), du règlement communal d’urbanisme (RCU) et du règlement général relatif à l’accessibilité des personnes à mobilité réduite ont également motivé la décision du ministre. « Il y a un problème dans la confection du dossier au niveau communal. Il est incomplet. Qui plus est, des erreurs de procédure ont été commises. » Sur le fond, André Antoine souligne la grande incertitude qui « règne sur les enseignes commerciales qui viendront s’installer et la difficulté de vérifier le chiffre de 1.119 emplois avancé par le promoteur. »

Après avoir « accusé le coup », le promoteur et le mayeur sont passés à l’offensive. En s’interrogeant ouvertement sur cette décision qu’ils jugent politique du ministre CDH. « La plupart des arguments avancés par André Antoine pour justifier son refus ne valent rien, ce qui me fait penser qu’il s’agit d’un choix d’ordre politique. Et uniquement ça », a lancé Hugues Bayet. La réponse, cinglante, du ministre ne s’est pas fait attendre : « J’ai bien reçu des pressions politiques. Elles allaient toutes dans le même sens : pour que j’accorde le permis ! »

Robert Marlier, dont la société a déjà investi 20 millions d’euros dans ce projet, attend, lui, que le gouvernement wallon adopte une position claire : « Veut-il ou non d’un complexe commercial thématique à Farciennes ? Si c’est non, on aimerait le savoir, pour arrêter les frais. Si le ministre se dit par contre prêt à nous accorder le permis, nous reverrons le dossier pour répondre à l’ensemble de ses recommandations. » Un recours auprès du Conseil d’état n’est pas non plus exclu, sans pour autant être envisagé dans l’immédiat. La saga « Citadella » ne connaîtra pas son épilogue avant plusieurs mois.

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