L’ado sexuellement traqué sur le Net
n.c.
Mardi 12 février 2008
Un jeune belge sur 6 a déjà reçu des questions de nature sexuelle de la part d’une personne plus âgée et 1 sur 10 a même été incité à pratiquer des actes sexuels, révèle une étude belge sur les opportunités et les risques dans l’utilisation d’internet par les adolescents.
Cette étude a été présentée à l’occasion du « Safer Internet Day » qui fête ce mardi sa cinquième édition, sur le thème « La vie sur le Net est ce que tu en fais ».
Le volet belge du Safer Internet Day est coordonné par le Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs (CRIOC) et Child Focus.
Réalisée par les Facultés universitaires de Namur (FUNDP), la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et l’Université d’Anvers (UIA), l’étude nommée TIRO (Teenagers & ICT, Risks & Opportunities) est la première en Belgique à avoir utilisé diverses méthodes pour examiner toutes les opportunités ainsi que les risques des technologies de l’information et de la communication.
Les Facultés universitaires de Namur et la VUB ont suivi deux groupes de 17 jeunes néerlandophones et francophones. L’Université d’Anvers a mené une enquête auprès de 1.318 jeunes âgés de 12 à 18 ans et 571 parents en Flandre et en Wallonie.
Les grandes tendances de cette étude montrent que quasiment tous les jeunes utilisent internet chez eux et que plus de la moitié disposent d’un ordinateur dans une pièce isolée. Les chercheurs parlent ici de la « culture de la chambre à coucher », soit le besoin des adolescents d’avoir leur propre espace culturel dans la maison parentale.
L’étude livre également d’autres résultats intéressants. « Un cinquième des jeunes Belges est confronté durant ses sessions de « chat » à des adultes se présentant comme des adolescents », a indiqué le coordinateur de l’étude, Professeur Michel Walrave de l’Université d’Anvers.
« 16 % d’entre eux ont même reçu des questions concernant leur sexualité et 1 sur 10 est incité à pratiquer des actes sexuels », a-t-il ajouté.
Selon les chercheurs, contrairement à certaines idées reçues, les jeunes sont assez prudents avec leurs données personnelles. 7 adolescents sur 10 ne mettent pas leur photo en ligne et 8 sur 10 ne donnent pas leur numéro de GSM.
« Ces chiffres sont importants car la plupart des 12-18 ans chattent avec des contacts purement virtuels, des personnes qu’ils n’ont jamais rencontrées », a ajouté le professeur Walrave.
L’enquête montre également que les adolescents consacrent en moyenne 2 heures par jour à leurs activités sur internet, une durée largement sous-estimée par les parents. 40 % d’entre eux souhaiteraient que leurs enfants passent moins de temps à surfer.
Au niveau des sexes l’étude pointe également quelques différences. Les filles cherchent plus à créer des liens sociaux, elles ouvrent volontiers des blogs ou des profils sur des sites de socialisation (MySpace, Facebook…) afin de garder contact avec leurs amies ou faire de nouvelles connaissances. MSN reste le canal le plus utilisé pour ces échanges. Les garçons recherchent plutôt l’amusement et les jeux en ligne.
Les trois quarts des jeunes pensent que leurs parents ne contrôlent pas quels sites ils ont visités, mais la plupart des parents effectuent au contraire cette démarche. « La conception qui veut que parents et enfants soient de plus en plus ’déconnectés’ est réfutée par notre étude », a indiqué la chercheuse Joke Bauwens. « Durant les repas et devant la télévision, la famille nourrit encore de nombreux échanges. »
Il est également apparu que les parents avec un niveau d’éducation plus élevé sont plus impliqués dans les comportements de leurs enfants sur internet, implication qui baisse chez les parents avec un niveau d’éducation plus faible.
(d’après Belga)
