Une destinée européenne

ATTOUT,XAVIER

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Jeudi 14 février 2008

Beauvechain Sans doute un nouvel essor pour la base militaire

Le commandement européen du transport aérien à Beauvechain ? Les chances sont grandes de l’accueillir.

Qu’en est-il de l’avenir de la base militaire de Beauvechain ? », a lancé hier après-midi au parlement la députée fédérale Brigitte Wiaux (CDH) au ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V).

Divers bruits circulaient ces derniers jours au sujet du 1er Wing. L’échevine de Beauvechain souhaitait donc avoir quelques apaisements sur le développement de la base et les nuisances sonores qui pourraient en découler.

La base aérienne est devenue depuis peu la plateforme opérationnelle de déploiement de l’Armée belge. En d’autres mots, les exercices de synthèse des troupes appelées à se déployer en Afghanistan ou ailleurs se dérouleront dans le Brabant wallon. Le premier exercice s’est déroulé la semaine dernière. Il y en aura trois par an.

La base accueillait déjà le Field Accomodation Unit (FAU) depuis deux ans. Il s’agit d’une unité chargée de l’installation, du démontage et de l’entretien d’une « caserne » déployable. 1.200 personnes peuvent y être hébergées. Mais cette unité ne s’occupait pas jusqu’alors des grandes missions.

Beauvechain remplace à cet égard la base de Coxyde (Flandre occidentale). « Cette nouvelle mission n’entraînera aucun changement majeur puisque les missions ne se dérouleront que quelques fois par an », note Brigitte Wiaux.

Ses interrogations portaient plutôt sur un deuxième point : la possibilité que Beauvechain accueille le haut commandement de l’EATC (le commandement européen du transport aérien).

Son rôle serait de gérer le transport de matériel militaire de quatre pays : la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Belgique. L’Espagne pourrait également les rejoindre.

L’objectif de ce commandement sera de coordonner les mouvements aériens des pays participants. Soit deux cents avions de transport militaire, essentiellement des C-130 et des C-160.

« J’avais certaines craintes au niveau des nuisances sonores. J’ai été rassurée. Il n’y aura pas d’avion supplémentaire à Beauvechain. Seul l’État-major pourrait s’y installer. »

La base devrait dans le futur

se composer de quatre piliers

Précisons que les chances de voir le commandement de l’EATC prendre place dans le Brabant wallon sont grandes. L’Allemagne et la France soutiennent la proposition belge, considérée comme centrale sur l’échiquier européen.

Seuls les Hollandais (Eindhoven) défendent une autre proposition. Verdict à la fin du mois. Deux cents militaires viendraient alors s’installer à Beauvechain.

Ces deux nouvelles fonctions seraient idéales pour le 1er Wing. Car depuis le départ des F-16 et des Fouga, la base se cherchait un nouvel envol.

« 1.100 personnes pour ne s’occuper que des Marchetti, ce n’est pas viable », nous déclarait il y a quelques jours le commandant de la base, le lieutenant-colonel Laurent.

La base devrait donc se composer dans le futur de quatre piliers : la formation des pilotes, le support aux unités extérieurs, l’image dégagée vers l’extérieur (et notamment vers les jeunes) et, enfin, le commandement de l’EATC.

« Une reconversion intelligente »

ENTRETIEN

L’ancien ministre de la Défense a toujours été très préoccupé par l’avenir de la base militaire de Beauvechain. Il se réjouit de son développement.

André Flahaut (PS), la base militaire devient une plateforme opérationnelle de déploiement militaire. Une bonne chose ?

Oui, mais elle l’était déjà d’une certaine façon. Elle accueille depuis quelques mois le FAU (Field Accomodation Unit). Une série de matériaux sont assemblés ici pour que des manifestations à l’extérieur, au Liban ou en Afghanistan, se déroulent de la meilleure façon. La différence, c’est que maintenant Beauvechain va accueillir l’exercice de synthèse des grandes missions. En fait, ils préparent en quelque sorte les valises de ceux qui partent. C’est très important. On simule les rues de Kaboul ou l’aéroport. Dans le futur, le 1er Wing se développera encore plus dans cette voie.

De plus, la base pourrait prendre un nouvel envol avec le centre de commandement de l’EATC ?

C’est moi qui ai déposé la candidature de Beauvechain ! Il s’agit de trouver une base pour qu’un État-major puisse coordonner le transport stratégique de C-130. Quatre pays ont déjà acté leur participation. L’Espagne devrait suivre. Beauvechain a l’avantage d’être située dans une position centrale. Cette arrivée élèvera encore son attrait.

Finalement, l’avenir de la base est bien assuré ?

La reconversion a débuté il y a déjà 8 ans, avec le départ des F16 et des Alpha Jet. Elle s’est déroulée d’une manière très intelligente. La base est aujourd’hui multifonctions. Et de plus, vers 2015, les Airbus militaire A400 pourraient rejoindre Beauvechain. La base de Melsbroek (Brabant flamand) aurait besoin de nouvelles infrastructures pour les accueillir dans les meilleures conditions. Alors que Beauvechain en dispose déjà.

Cela ne fera pas trop pour le 1er Wing ?

Non. La présence d’une base aérienne est un apport très important pour une province ou une commune. Les retombées diverses sont intéressantes. Et il y a aussi la reconnaissance internationale.

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