La grève de la faim rue Royale suspendue

n.c.

Mardi 19 février 2008

Les sans-papiers qui occupent un bâtiment de la Communauté française, à Bruxelles, depuis début janvier, ont suspendu mardi leur grève de la faim à la suite d’un accord intervenu avec le ministère de l’Intérieur.

Les grévistes de la faim avaient entamé mardi leur 50e jour de jeûne. Les 162 grévistes, dont une majorité vivaient clandestinement en Belgique, recevront une attestation d’immatriculation qui leur permettra de vivre légalement en Belgique pour une période de trois mois. Ils espèrent pouvoir ensuite être régularisés.

Selon l’Office des étrangers, dont le directeur-général Freddy Roosemont a participé ce mardi aux négociations à la demande du ministre de l’Intérieur, la proposition qui a été faite aux occupants de la rue Royale à Bruxelles est identique à celle qui avait été émise précédemment.

Un représentant de l’Office des étrangers avait expliqué durant cinq heures ces mêmes propositions vendredi dernier, selon Dominique Ernould, porte-parole de l’Office des étrangers. Elle a ajouté que les grévistes de la faim étaient « revenus à la raison ».

« L’attestation de trois mois permettra à certaines personnes d’introduire un dossier et à d’autres de compléter leur dossier. Durant ce temps, l’Office des étrangers réexaminera au cas par cas chacun de ces dossiers. Si l’état de santé des grévistes de la faim ne s’est pas amélioré au bout des trois mois ou si l’Office des étrangers n’a pas réexaminé les dossiers après ce laps de temps, les attestations d’immatriculation seront prolongées », a expliqué Dominique Ernould.

L’Office des étrangers a proposé une attestation d’immatriculation aux occupants de la rue Royale en raison de leur état de santé, selon la porte-parole.

Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme a participé aux négociations de mardi. Durant celles-ci, il aurait été convenu d’octroyer aux occupants une attestation d’immatriculation et de garantir que les dossiers de ceux-ci soient déclarés d’emblée recevables pour être examinés individuellement sur le fond. Les occupants qui introduiront une demande de régularisation sur base de l’article 9.3 ne devraient pas exceptionnellement la motiver de circonstances exceptionnelles.

Les occupants pourront par ailleurs demander un permis de travail B, délivré à l’étranger pour lequel un employeur a obtenu une autorisation d’occupation d’un travailleur étranger, qui pourrait déboucher sur une carte blanche avec une durée illimitée de séjour ou sur une régularisation.

Me Alexis Deswaef, l’un des avocats des occupants de la rue Royale, s’est réjoui de la suspension de l’action des grévistes de la faim. « On a évité une catastrophe », a-t-il dit. Il estime que la solution proposée aux occupants est satisfaisante.

La ministre-présidente de la Communauté française, Marie Arena, s’est également réjouie de la fin de l’action qui s’est déroulée dans un bâtiment de la Communauté française. Elle a indiqué qu’il fallait au plus vite trouver une solution structurelle et définir des critères clairs et cohérents pour une régularisation.

(d’après Belga)

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