Blu-ray fait son grand cinéma
MUNSTER,JEAN-FRANCOIS; DESALLE,PHILIPPE; PADOAN,BERNARD
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Mercredi 20 février 2008
Technologies Pour profiter du DVD « nouveau », il faut s’équiper
Toshiba a jeté l’éponge. Sony triomphe. Le Blu-ray, c’est le « vrai » cinéma
qui débarque dans le salon.
C’est fait : Toshiba a tiré un trait définitif sur son HD-DVD, l’un des deux formats haute définition concurrents qui prétendaient à la succession de l’actuel DVD (Le Soir du 19 février). « Nous avons décidé de ne plus développer, fabriquer ni vendre de lecteurs et enregistreurs de haute capacité HD-DVD », a annoncé le PDG de Toshiba, Atsutoshi Nishida, signant ainsi sa reddition après six années de bataille. Le vainqueur s’appelle donc Blu-ray disc, format proposé par un consortium mené par Sony. Explications.
1C’est quoi, un disque Blu-ray ? Le Blu-ray se présente comme un disque de 12 centimètres de diamètre, semblable extérieurement à un CD ou un DVD. C’est à l’intérieur du lecteur de Blu-ray (qui se présente à nouveau comme un lecteur de DVD classique) que réside la principale différence technologique, à savoir l’utilisation non plus d’un laser rouge, mais d’un laser bleu (d’où son nom…).
2Quelles sont les performances d’un Blu-ray ? Le disque peut contenir jusqu’à 50 Gb d’informations, soit cinq fois plus qu’un DVD. Il offre une qualité d’image accrue, correspondant à un débit de 48 Mbps, contre 8 Mbps pour un DVD. Le son et les possibilités d’interactivité (menus, bonus, jeux…) sont également meilleurs.
3Que trouve-t-on sur un Blu-ray ? Des films, évidemment. Plusieurs studios (Sony, Warner, Disney, 20th Century Fox, MGM, Lionsgate), représentant environ 70 % de la production de Hollywood, proposent leurs dernières nouveautés (Spiderman 3, Pirates des Caraïbes 3, Les Simpson ou Ratatouille) en Blu-ray. Les catalogues sont progressivement adaptés à ce nouveau format. Pour l’heure, chez nous, 300 titres environ sont disponibles. En principe, les Blu-ray sont édités en trois zones (zone Europe-Afrique pour nous), selon un découpage géographique différent des DVD. Mais ce système ne semble pas devoir perdurer. Warner propose déjà ses Blu-ray toutes zones confondues, avec plus de 25 langues en sous-titres. Le prix d’un film Blu-ray varie entre 20 et 30 euros
4Quel matériel faut-il acheter ? Les lecteurs Blu-ray de salon sont disponibles dans le commerce à partir de 400 euros. Il n’y a pas encore d’enregistreur de salon en Europe. Enregistrer des programmes passant à la télévision sur un disque Blu-ray inscriptible n’aura toutefois de sens que si le programme est diffusé en haute définition, ce qui n’est pas encore la norme. Certains PC fixes ou portables (mais pas encore de Mac) sont aussi équipés d’un lecteur/graveur de Blu-ray. Ces graveurs pour PC peuvent aussi être achetés à part (à partir de 250 euros). Enfin, la console de jeux PlayStation 3 de Sony est aussi équipée d’un lecteur Blu-ray (399 euros). Microsoft, qui faisait partie du consortium HD-DVD, pourrait également, à terme, en équiper la Xbox 360.
5Quel téléviseur faut-il avoir ? Puisque le Blu-ray est un DVD « haute définition », il faut évidemment être équipé d’un téléviseur répondant lui aussi à cette norme. Pour les téléviseurs de moins de 40 pouces de diagonale, une télé « HD Ready » délivrera déjà un excellent résultat. Mais ce n’est qu’au-dessus de 40 pouces que le Blu-ray donne toute la mesure de son « talent ». Il faut alors opter pour un modèle « Full HD 1080 ». Avec 1080 lignes de 1920 pixels, ce dernier vous offrira de véritables séances de cinéma à la maison (c’est le but du Blu-ray…). La télé doit être équipée d’au moins un port HDMI, sur lequel se branche le lecteur.
6Quid de mes « vieux » DVD ? Vous les gardez : les lecteurs Blu-ray lisent les DVD et CD.
Quel recours ont les acheteurs de HD-DVD ?
En Belgique, le match HD-DVD Blu-ray a, comme ailleurs, tourné en faveur du second. Sur 2007, on a vendu 700 lecteurs HD-DVD pendant que l’on écoulait trois fois et demi plus de lecteurs Blu-ray (2.500), selon les données du bureau d’études GfK. À l’échelle du marché des lecteurs et graveurs DVD (735.000 unités en 2007), ces deux technologies restent malgré tout marginales : 0,09 % pour le HD-DVD, 0,34 % pour le Blu-ray.
Que peuvent espérer les propriétaires des quelque 700.000 lecteurs et/ou enregistreurs de salon HD-DVD vendus dans le monde, ainsi que des 300.000 appareils périphériques HD-DVD pour consoles de jeu Xbox360 et des 300.000 ordinateurs disposant d’un graveur HD-DVD ? Que vont-ils pouvoir faire d’un appareil qui ne lit pas le standard DVD de demain ? Toshiba a cherché à les rassurer mardi et s’est engagé à les accompagner. « Nous allons renforcer notre centre d’appels, assurer le service après-vente et continuer de réparer les appareils pendant huit ans », a promis Atsutoshi Nishida, patron de Toshiba. Par ailleurs, le groupe va prendre diverses dispositions pour assurer la vente de disques optiques compatibles HD-DVD, afin que les clients puissent continuer d’enregistrer sur ce support amovible des programmes de télévision en haute définition. « Les lecteurs et enregistreurs que nous avons vendus sont également compatibles avec les DVD traditionnels », a fait remarquer M. Nishida.
Pour ceux qui ne veulent pas se contenter de cette situation, des possibilités de recours en justice sont-elles envisageables ? L’avocat spécialisé en droit de la consommation Herman De Bauw (Eubelius) n’y croit pas de trop. « Cela me paraît difficile. Toute personne désirant acheter ce genre d’appareil ne pouvait normalement pas ignorer les discussions en cours et devait être conscient des risques encourus. Le consommateur lésé pourrait éventuellement essayer de plaider un vice dans le consentement dans le sens où il aurait été induit en erreur mais il y a peu de chance qu’un juge accepte un tel raisonnement. »