Alcootest : les policiers souffleurs seront punis

DELEPIERRE,FREDERIC

Lundi 25 février 2008

Police

Des policiers, par manque de personnel, ont eux-mêmes soufflé dans les alcootests pour atteindre leurs quotas. Une enquête a été ouverte.

La police fédérale est exsangue, clame Eddy Lebon, du Sypol, le syndicat indépendant de la police. On ne sait plus remplacer les gens qui s’en vont. La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a. »

Cette réaction, le syndicaliste la tient suite à l’annonce selon laquelle, par manque de personnel, certains de ses collègues de la police de la route se livreraient à de faux contrôles d’alcoolémie en soufflant eux-mêmes dans le ballon. « Je ne suis pas enclin à protéger l’illégalité, réagit Alain Ysebaert du SLFP, le syndicat libre de la fonction publique. Si de telles simulations ont été faites, elles doivent être sanctionnées. Même si elles n’ont préjudicié personne et ont juste consisté en des manipulations de statistiques. Mais, poursuit Alain Ysebaert, avant de sanctionner, il faut savoir si des ordres allant dans ce sens ne sont pas venus de l’autorité auquel cas, ce sont ces responsables qu’il faudra punir… »

De son côté, Fernand Koekelberg, le commissaire général de la police fédérale, ne peut cacher son étonnement. « Cela m’interpelle et j’ai demandé, ce lundi, une enquête au directeur général de la police administrative. Afin de déterminer la véracité des dires et leur ampleur éventuelle. Mais si ces faux alcootests ont eu lieu j’aimerais comprendre dans quel but. Pourquoi vouloir atteindre des quotas de contrôles tout en disant être en sous-effectif ? C’est contre-productif car, pour obtenir des renforts, il est bien plus efficace de montrer que l’on n’arrive pas à atteindre ses objectifs. »

Et le commissaire général de se montrer ferme : « S’il faut frapper sur des doigts, on le fera. Reste à établir qui sont les responsables : les hommes de terrain ou l’un ou l’autre supérieur. » En attendant, il espère beaucoup du futur budget : « Le ministre de l’Intérieur s’est engagé à nous permettre de recruter 1.350 policiers par an. C’est 200 en plus qu’actuellement. »

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