Nouvelles zones d’habitat en vue
MOREL,PIERRE
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Mardi 26 février 2008
Liège L’urbanisation des zones d’aménagement communal concerté avance
Les terrains disponibles n’étant plus légion, l’autorité communale avait annoncé dans son « projet de ville » sa volonté d’urbaniser certaines des 26 zones d’aménagement communal concerté (Zacc, voir le « Repères ») qui, ensemble, représentent 6 % de son territoire. Cinq Zacc avaient alors été identifiées comme prioritaires.
« La mise en œuvre de ces Zacc est un enjeu primordial, puisqu’elles représentent potentiellement près de 2.000 logements », souligne l’échevin de l’urbanisme Michel Firket (CDH).
Le dossier du Pré-Aily au Sart-Tilman est aujourd’hui le plus avancé : le permis de lotir pour 240 logements et 43 maisons sur ce site de 26 hectares devrait être accordé le 6 mars prochain au promoteur immobilier. Ce lundi, Michel Firket a annoncé que deux autres sites, l’ancien fort de la Chartreuse et le verger de Fayenbois, disposaient désormais du Rapport urbanistique et environnemental (RUE) nécessaire à leur mise en œuvre (voir ci-dessous). Pour les deux autres Zacc prioritaires, le RUE est toujours à l’étude, et la perspective d’y développer des logements plus lointaine. Il s’agit du site de l’ancien charbonnage « Espérance et Bonne Fortune » à Glain, où le promoteur Laurent Minguet envisage la création de plusieurs centaines de logements orientés vers une utilisation rationnelle de l’énergie, et du site « Campagne Ans-Rocourt », à cheval sur les communes de Liège et Ans.
Ce dernier est le plus étendu des cinq (70 ha) et le plus porteur en nombre de logements potentiel (plus de mille). Mais c’est une des arlésiennes liégeoises : on en parle depuis quinze ans sans rien voir venir. « Le problème de ce dossier est la complexité de la mobilité dans ce quartier de Rocourt, explique l’échevin. Le développement du projet immobilier y est tributaire d’aménagements de voirie qui ont fait l’objet d’une demande de subsides Feder par le ministère de l’Equipement et des Transports. »
Préserver le fort hollandais
Le RUE consacré à cette zone et qui sera soumis à enquête publique du 13 mars au 11 avril prochains s’inspire largement d’une première étude réalisée en 2004 quand des architectes, urbanistes et riverains avaient passé huit jours sur le site.
Parmi ses objectifs principaux, il y a la sauvegarde du patrimoine militaire, et principalement le fort lui-même. Trois options sont possibles : conserver le bâtiment tel quel, l’araser pour ne garder que les deux niveaux inférieurs, les plus anciens, ou reconstruire deux niveaux sur ces deux niveaux historiques. Dans le fort, on trouvera du logement (entre 60 et 100) et un maximum de 30 % de superficies consacrées à d’autres fonctions : bureaux, services.
Au nord du fort, le RUE prévoit un quartier (le « Thier de la Chartreuse ») comprenant 60 à 80 logements jointifs ou isolés. Au sud, le quartier « Chartreuse-Village » comprendra entre 120 et 160 logements, maisons et appartements. L’urbanisation du site, qui comprendra donc en tout entre 300 et 400 logements, sera phasée : on commencera par le Thier de la Chartreuse, puis le fort et enfin Chartreuse-Village.
Par ailleurs, le RUE prévoit la remise en valeur des fortifications qui entourent le fort par la création d’espaces verts cohérents et ouverts au public en continuité du parc des Oblats.
« Ces dernières années, la Ville s’est rendue maîtresse de plus de 20 hectares de terrains verts autour de ce site, afin d’en assurer la préservation », souligne l’échevin Firket.
Enfin, les anciennes poudrières devraient, toujours selon le RUE, accueillir un espace communautaire socioculturel, peut-être un musée du fort.
L’ancien verger fera transition douce vers le bois de Fayenbois
C’est à cet endroit, entre la ligne 38 et le grand bois classé de Fayenbois que se situe la Zacc du verger de Fayenbois. C’est un ancien verger progressivement démantelé et qui se présente aujourd’hui sous la forme d’une grande prairie de 17,5 hectares.
Le RUE établi par l’administration communale, qui fera l’objet d’une enquête publique entre le 13 mars et le 11 avril, tient compte des remarques d’une étude d’incidences réalisée en 1997.
Cent cinquante logements en tout devraient voir le jour sur le site, avec le souci majeur de veiller à une grande diversité des logements proposés. Ils seront répartis en trois zones : une zone d’habitat ouvert regroupant une cinquantaine de maisons isolées ou jumelées par leur garage ; une zone d’habitat semi-ouvert d’une soixantaine de maisons groupées ; et, au milieu, une zone d’immeubles à appartements comprenant une quarantaine de logements.
Sur le côté droit du site, en bordure du bois de Fayenbois, passe une ligne à haute tension. Cette partie sera aménagée en espace vert destinée à servir de zone tampon entre la zone d’habitat et le bois de Fayenbois.
« Actuellement, le bois est un peu coupé du quartier environnant et difficile d’accès, constate Pierre Bricteux du département de l’urbanisme. Tout ce nouveau quartier doit contribuer à briser cet isolement grâce à un cheminement vert vers le bois. »
La Ville entend faire profiter le quartier du verger de l’atout majeur qu’est le Ravel, qui le longe sur tout son côté gauche : « La structure générale des espaces publics doit valoriser ce contexte et les voies lentes devront être favorisées à travers tout le site », affirme l’échevin Firket.
Il faut le signaler, le propriétaire du site, Lotinvest, se contentera de lotir : aux habitants de venir y développer leurs projets de construction.
REPÈRES
