Alain Hubert, du rêve à la réalité
n.c.
Mardi 11 mars 2008
Après quatre ans de gestation et quatre mois de construction, la station polaire Princesse Elisabeth est passée du domaine du rêve à celui de la réalité pour l’explorateur Alain Hubert et l’équipe de spécialistes qui l’ont accompagné dans l’Antarctique jusqu’à leur retour en Belgique, lundi soir.
Selon Alain Hubert, la première phase de construction s’est achevée avec une semaine d’avance sur le schéma initialement prévu, en dépit de conditions de travail difficiles. « Nous avons tout fait en quatre mois et terminé une semaine plus tôt que prévu. Personne ne l’avait imaginé. On a fait un truc extraordinaire, mais la force de notre équipe est d’avoir été capable de nous concentrer sur ce qu’il fallait faire sans jamais imaginer que l’on n’y arriverait pas », a-t-il affirmé ce mardi, lors d’une conférence de presse au siège de la Fondation Polaire Internationale.
Le pied à peine posé sur le sol belge, l’explorateur pense déjà à la seconde étape qui consistera à aménager les équipements à base d’énergies solaire et éolienne qui permettront à la station de fonctionner sans émettre de dioxyde de carbone, responsable du réchauffement climatique.
Cette seconde phase fera l’objet d’une nouvelle expédition et du transfert d’une trentaine de conteneurs entre novembre prochain et mars 2009. Les équipements seront testés à Bruxelles d’ici à ce second périple, tout comme le seront les dispositifs de gestion de ces ressources énergétiques cent pour cent nature ainsi que le système de traitement des eaux usées, a précisé Alain Hubert. D’ici à novembre prochain, la station polaire restera vide de tout occupant.
Les expériences scientifiques n’attendront quant à elles pas la fin des travaux pour être menées sur place. La première, emmenée par le professeur Frank Pattyn, de l’Université Libre de Bruxelles, portera sur l’étude de l’évolution de la masse glacière sous l’effet des changements climatiques, en novembre et décembre prochains. La suivante sera dirigée par le docteur Annick Wilmotte, de l’Université Libre de Liège. Celle-ci explorera les micro-organismes peuplant les crevasses rocheuses et le gravier de la région d’Ulsteinen où a été construite la station.
Selon Alain Hubert, la station polaire belge éveille au minimum les curiosités à l’étranger, par son concept écologique et par la rapidité avec laquelle elle a été construite sur place. Elle sera ouverte à des expériences scientifiques étrangères. Les premières pourraient être japonaises. Les premiers visiteurs étrangers de la station ont été sept géologues japonais qui y ont entreposé du matériel pour l’hiver et qui envisagent de s’y installer durant deux mois, en 2009.
Alain Hubert ne compte pas abandonner son enfant, sitôt opérationnel. La Fondation polaire internationale sera chargée de sa gestion et lui-même n’a pas caché qu’il envisageait d’y passer une année complète, dans le futur. L’International Polar Foundation recherche actuellement des financements nécessaires à la prochaine phase de construction de la station. L’objectif est de recueillir 3 millions d’euros en 2008. Selon Alain Hubert, les contacts avec différents partenaires sont très motivants. Plusieurs grandes entreprises ont commencé à se mobiliser autour du projet.
(D’après Belga)
