La Flandre irritée par les critiques de l’ONU

n.c.

Mercredi 12 mars 2008

Le rapport du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale agace le ministre flamand du Logement Marino Keulen, tout comme le CD&V Michel Doomst. Au contraire du FDF, qui a accueilli le rapport avec satisfaction.

Le ministre flamand du Logement Marino Keulen est irrité par le rapport du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale.

»On me marche sur les pieds. Puis-je rappeler qu’aussi bien la Cour constitutionnelle que le Conseil d’Etat ont estimé que le Wooncode ne lésait les droits fondamentaux de personne ? Que du contraire, nous voulons que les personnes puissent mieux fonctionner en Flandre », souligne-t-il.

M. Keulen affirme que personne ne doit prouver qu’il connaît le néerlandais. « Il n’y a pas d’examen, pas d’obligation de résultat mais seulement une obligation de faire des efforts », dit-il. Pour M. Keulen, le rapport du comité repose seulement sur des raisonnements schématiques. « Mais nous recevons une étiquette face à laquelle nous devons nous défendre », a dit M. Keulen à De Morgen.

»Les Nations Unies n’ont jamais pris contact avec mon cabinet pour demander des explications sur le Wooncode. S’ils l’avaient fait, ils sauraient qu’il s’agit seulement d’une mesure sociale pour améliorer la qualité de vie dans les quartiers de logements sociaux », a-t-il précisé à la VRT Radio.

Le CD&V rejette les critiques

Les considérations du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale concernant le « wooncode » de la Communauté flamande sont sans fondements, selon le député Michel Doomst (CD&V).

La Flandre est une nouvelle fois accusée d’agir de manière raciste et discriminatoire, sans tenir compte de la situation, regrette Michel Doomst. Il dit comprendre que le Comité en question exprime des préoccupations mais elles doivent alors être fondées et il faut donner aux autorités la possibilité de réfuter ces critiques.

Le FDF satisfait

Christian Van Eyken, député francophone FDF au Parlement flamand, a appris « avec satisfaction » que le Comité des Nations-Unies pour l’élimination de la discrimination raciale se dit préoccupé par le Wooncode flamand.

« Si les Nations-Unies se penchent sur le problème, c’est qu’il est sérieux. Ce dont nous n’avons jamais douté », note Christian Van Eyken dans un communiqué diffusé mardi soir.

»C’est assurément une bonne chose pour tous les démocrates, y compris les démocrates flamands qui ne doivent pas toujours être fiers devant les décisions prises par leur Région et qui devraient enfin comprendre qu’ils ne doivent plus courir après le Vlaams Belang pour des raisons électoralistes », poursuit le communiqué.

Dans le même temps, Christian Van Eyken considère qu’il est regrettable que la Belgique, « qui donne régulièrement des leçons de démocratie », se retrouve ainsi dans le collimateur des Nations-Unies. Tout en relevant que la Flandre est seule concernée. Et de conclure : « cette dernière, qui tient beaucoup à son image de marque au plan international, devrait à présent bien réfléchir sur les conséquences de ses actes. Il n’est pas trop tard, elle peut encore se ressaisir, mais il est temps ».

Le Comité des Nations Unies s’est déclaré, mardi, préoccupé par le décret adopté en 2006 par la Communauté flamande restreignant l’accès aux logements sociaux aux seules personnes ayant pris l’engagement d’apprendre le néerlandais.

Selon les observations finales du Comité réuni à Genève du 18 février au 7 mars, la Belgique devrait notamment « veiller à ce que les exigences linguistiques ne conduisent pas à une discrimination indirecte exercée en raison de l’origine nationale ou ethnique ».

Le même Comité enjoint la Belgique à ratifier la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la protection des minorités ainsi que la Convention des Nations Unies sur la protection des droits des travailleurs migrants et de leurs familles.

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