LES DISCRIMINATIONS LINGUISTIQUES restent un tabou
VANDEMEULEBROUCKE,MARTINE
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Jeudi 13 mars 2008
L’existence de discriminations linguistiques et l’émergence d’un racisme entre les deux communautés du pays sont un tabou. Pourtant elles existent. La longue crise de l’Orange bleue a radicalisé les opinions publiques. Le Mrax, plus habitué à devoir défendre les sans-papiers ou les minorités marocaine et turque, commence à recevoir des plaintes pour racisme entre Flamands et francophones. Ce sont des habitants de la périphérie effrayés par la violence des extrémistes flamingants à leur égard, des chômeurs écartés a priori d’un emploi pour la seule raison qu’ils habitent en Wallonie et qu’ils sont supposés moins bons bilingues qu’un candidat flamand. Ce sont ces commerçants fermement invités par certaines administrations communales à ne pas parler français à leurs clients. Mais cela peut être aussi des Flamands qui, dans certains hôpitaux, ont intérêt à être bon bilingues. Est-on dans le domaine de la discrimination raciale ? On n’en est sans doute plus très loin.
Actuellement, il n’existe aucun organisme officiellement chargé de recueillir ce genre de plaintes et d’aider les victimes. Trop sensible. Trop sujet aux pressions en tout genre. Alors on joue le déni. Marino Keulen se fâche contre le rapport des Nations unies et le Vlaams Belang propose de le jeter à la poubelle car trop « stupide ». Entre autres « stupidités », le Comité a en effet enjoint la Belgique à ratifier la convention sur la protection des minorités. Un autre tabou.
