Un pesticide 100 % bio
PETIT,JEAN-PHILIPPE; STAGIAIRE
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Vendredi 14 mars 2008
Namur Découverte scientifique
Il fait partie de la famille des « éliciteurs », c’est-à-dire qu’il est capable de stimuler les défenses naturelles de la plante. Pierre Van Cutsem explique : « Lorsqu’un pathogène quelconque – bactérie, champignon, virus, etc. – attaque une plante, il produit certaines molécules. Les récepteurs de la plante vont les détecter et signaler le danger. La plante va ainsi générer des protéines de défense. » Un mécanisme 100 % naturel, que ce biopesticide reproduit. « Notre objectif est de produire ces molécules et de les mettre en contact avec le végétal, qui va réagir comme s’il y avait agression. On induit donc un état de défense de la plante. » Autre avantage du nouveau biopesticide : il est applicable à tous les végétaux. Selon Pierre Van Cutsem, « ce produit est basé sur un mécanisme fondamental qu’on retrouve chez tous les végétaux. »
De plus, contrairement aux pesticides traditionnels, il ne provoquerait pas de phénomène de résistance chez les agresseurs.
Un produit miracle ? Il ne faut pas crier trop vite victoire, les recherches en laboratoire s’achèvent à peine. Des tests en milieu naturel sont menés actuellement en collaboration avec le Centre de recherche agronomique, les Facultés agronomiques et le Centre technique horticole de Gembloux. Ils portent sur différents végétaux tels que la tomate et le blé. Les premiers résultats sont encourageants, et d’ici à deux ans, une spin-off devrait voir le jour, qui sera chargée de la commercialisation de ce biopesticide.
Des serres (presque) sans pesticides
Vivre sans pesticides, c’est possible. On va tous entendre ce message dans les prochains jours, puisque, du 20 au 30 mars prochains, se déroulera la première « Semaine sans pesticides » en Région wallonne.
Et c’est dans les serres de la Ville de Namur que le ministre de l’Environnement, Benoît Lutgen (CDH), a choisi de présenter l’opération. Des serres qui sont un modèle de lutte douce contre les parasites des plantes.
Purin d’ortie, savon noir et pyrèthre sont les trois armes « biologiques » qu’utilise Jean-Marie Delplace, chargé de la production des plantes au service des espaces verts de la Ville. « Ce sont des produits que j’utilise essentiellement en hiver, à titre préventif, explique-t-il. A la belle saison, on met en œuvre des prédateurs. » Il s’agit essentiellement d’insectes qui sont les ennemis naturels des « ravageurs », comme le puceron. De cette façon, l’utilisation de pesticides de synthèse est vraiment limitée au maximum.
« Nos mesures préventives fonctionnent, se félicite le jardinier. On ne doit recourir à la chimie qu’une ou deux fois par an. Et seulement quand on ne peut pas faire autrement. » C’est que Jean-Marie Delplace et son équipe n’ont pas droit à l’erreur : ils produisent quelque 150.000 plantes à repiquer chaque année.
Et la qualité du fleurissement des espaces publics namurois plaide en faveur de leur méthode. L’exemple est probant, même s’il n’est pas encore facile à appliquer dans tous les jardins.
