Un avertissement cinglant à Nicolas Sarkozy

MESKENS,JOELLE

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Lundi 17 mars 2008

C’est entendu. Les élections qui viennent d’avoir lieu en France étaient d’abord des consultations locales. Les mêmes hommes qui avaient connu leur heure de gloire ou qui avaient été laminés il y a moins d’un an lors d’élections générales subissent aujourd’hui un sort contraire. François Bayrou, après avoir recueilli plus de 18 % à la présidentielle, a été battu à Pau par une figure socialiste béarnaise inconnue du microcosme parisien. Et si Alain Juppé a été triomphalement élu à Bordeaux dès la semaine dernière après avoir été balayé lors des législatives, c’est que les électeurs ont apprécié son bilan de maire plutôt que l’idée de le revoir au premier plan au niveau national.

Pour autant, il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas avoir compris le cinglant message adressé aux gouvernants. Celui d’une terrible désillusion.

Si la gauche reconquiert de nombreux bastions urbains, ce n’est pas seulement par l’effet mécanique du retour de balancier. Pas seulement parce que les Français ont coutume, lors d’élections intermédiaires, de rechercher une sorte de rééquilibrage des pouvoirs. Que des grandes villes symboliques comme Toulouse et Strasbourg basculent à gauche prouve qu’un doute est né dans cette France de droite qui, l’an dernier, croyait avoir vu en Nicolas Sarkozy son sauveur. Car ce n’est évidemment pas le Parti socialiste, qui ne s’est jamais remis de sa troisième défaite présidentielle consécutive et qui reste englué dans les querelles de personnes et les batailles de stratégie, qui a gagné ces élections. C’est une droite brouillée avec une partie de son électorat qui les a perdues.

Bien sûr, Nicolas Sarkozy conserve sa légitimité à l’Élysée : son mandat n’expire que dans quatre ans. Mais le président serait bien avisé de tenir compte de l’avertissement. Ses réformes ne sont peut-être pas sanctionnées, mais son style, lui, ne passe décidément pas. Son goût du luxe ostentatoire dans une France qui souffre blesse ceux-là mêmes qu’il avait séduits : les milieux populaires.

L’Élysée laisse entendre que le chef de l’État aurait « changé ». On aimerait le croire : dans trois mois, il ne sera plus seulement aux commandes de l’Hexagone, mais de toute l’Europe.

Pas de résultats.