Les Bourses en berne

n.c.

Lundi 17 mars 2008

L’opération de sauvetage de la banque d’affaires américaines Bear Stearns organisée ce week-end par la Fed, a entraîné un nouveau décrochage du dollar face à l’euro et au yen ce lundi, ainsi qu’une dégringolade d’une bonne partie des Bourses mondiales.

La Bourse de New York restait clairement dans le rouge, à la suite du rachat à un prix bradé de la banque Bear Stearns, mais limitait toutefois les dégâts, les investisseurs considérant que le pire a été évité : le Dow Jones cédait 0,47 % et le Nasdaq 1,38 %.

Vers 16h50 (heure de Bruxelles), le Dow Jones Industrial Average (DJIA) reculait de 56,66 points à 11.894,43 points, alors qu’il avait perdu près de 200 points en début de séance, mais avait temporairement renoué avec le vert en matinée. L’indice Nasdaq, à forte composante technologique, baissait de 30,64 points à 2.181,85 points et l’indice élargi Standard and Poor’s 500 de 15,67 points (-1,22 %) à 1.272,47 points.

« Le marché est rassuré que Bear Stearns ait évité la faillite », a expliqué Peter Cardillo, analyste d’Avalon Partners. « L’action de la Fed a évité un véritable effondrement de la Bourse » américaine, a-t-il ajouté.

Le président américain George W. Bush a reconnu que les Etats-Unis vivaient des temps économiques « difficiles » mais a assuré que la situation était maîtrisée.

Les Bourses européennes continuaient d’évoluer dans le rouge dans l’après-midi, les mauvaises nouvelles américaines auxquelles s’est ajoutée la publication de plusieurs indices moins bons que prévu pesant sur le marché.

La Bourse de Paris accélérait sa baisse en début d’après-midi. A 14h55, le CAC 40 lâchait 2,83 % à 4.462,23 points, dans un volume d’échanges de 4,58 milliards d’euros. Une heure plus tôt, l’indice chutait de 3,20 % à 4.445,21 points, dans un volume d’échanges de 3,93 milliards d’euros après s’être retrouvé à l’ouverture pour la première fois depuis le 16 novembre 2005 sous la barre psychologique des 4.500 points.

La baisse depuis le début de l’année est supérieure à 20 %, une amplitude fréquemment considérée par les spécialistes comme témoignant d’un krach.

Le mouvement a été identique sur les autres places européennes : à 14h45 l’indice Footsie-100 perdait 2,81 % à Londres et l’indice vedette Dax 3,65 % à Francfort.

Vers 14h45 GMT, l’Ibex madrilène cédait 2,25 % et l’indice milanais perdait 2,80 %, tandis que le SMI suisse abandonnait 3,95 %.

Les Bourses nordiques n’étaient pas épargnées, l’indice suédois Stockholm All Shares cédant 3,6 % vers 14h00, tandis que l’indice danois Copenhagen OMXC20 perdait 2,60 %, l’indice norvégien cédait 2,95 %, et le finlandais OMX Helsinki 3,52 %.

Les places asiatiques ont ouvert le mouvement de baisse de la journée, l’indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong clôturant en chute de 5,18 %, la Bourse de Shanghai terminant à -3,6 % tandis que l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo dégringolait de 3,71 %, tombant sous la barre symbolique des 12.000 points pour la première fois depuis plus de deux ans et demi.

Quant à la Bourse de Bombay, elle a chuté de 6,03 % à la clôture.

Le cas Bear Stears et la chute du dollar inquiètent

Les Bourses, où les valeurs bancaires sont particulièrement à la peine, s’inquiètent d’une propagation du cas Bear Stears à d’autres banques, cette dernière promise à la faillite ayant été rachetée à la va-vite dimanche à un prix dérisoire par son homologue américaine JPMorgan. La banque d’investissement perdait ainsi 87,80 % à 3,66 dollars lundi tandis que la banque Lehman Brothers chutait de 34,28 %, à 25,80 dollars, victime de rumeur la désignant comme le prochain domino susceptible de tomber.

L’ensemble des places boursières souffre également de la dégringolade continue du dollar et des records parallèles de l’euro, de la hausse ininterrompue du pétrole, ainsi que de la nouvelle intervention en urgence de la Réserve fédérale américaine, qui n’a en rien rassuré les investisseurs.

L’euro a atteint un nouveau pic historique de 1,5905 dollar lundi dans les échanges asiatiques, faisant sauter successivement et en quelques heures les seuils des 1,57, des 1,58 et des 1,59 dollar. Le précédent record (1,5668 dollar) datait de seulement vendredi soir. Vers 15h00, il s’échangeait à 1,5717 dollar.

Le billet vert quant à lui s’est enfoncé largement sous la barre des 100 yens qu’il avait franchie à la baisse la semaine dernière pour la première fois en douze ans, pour atteindre un creux de 95,11 yens vers 15h00.

L’or au plus haut

Par ailleurs, l’or a décroché un nouveau record historique pour atteindre vers 3h00 1.032,70 dollars sur le London Bullion Market.

Zoellick : « aucun pays n’est à l’abri »

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a estimé lundi que la crise financière actuelle allait « durer assez longtemps avec de graves conséquences ».

Aucun pays n’est à l’abri, a renchéri le président de la Banque mondiale (BM), Robert Zoellick, rejetant la théorie d’un « découplage » entre les pays occidentaux en difficulté et les pays émergents à forte croissance.

L’ancien président de la Fed, Alan Greenspan, a enfin ajouté sa pierre au pessimisme ambiant en affirmant au Financial Times que la crise actuelle pourrait être « la plus grave » depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les opérateurs n’ont pas été rassurés par la baisse du taux d’escompte (le taux des prêts aux grandes institutions financières) décidé ce week-end par la Réserve Fédérale américaine, à 3,25 % contre 3,50 %.

« Le malaise et le sentiment d’insécurité du marché au sujet de l’économie américaine est ce qui fait battre de l’aile le dollar », a expliqué Masaki Fukui, économiste des changes chez Mizuho Corporate Bank. « Et l’abaissement du taux d’escompte par la Fed n’a servi qu’à souligner que la crise est très sérieuse », a-t-il ajouté. (D’après AFP)

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