L’idée d’un boycott des JO rejetée en bloc

WARNOTTE,PIERRE-YVES

Lundi 17 mars 2008

Après les sanglants événements au Tibet, les mondes sportif et politique disent non à un boycott des JO de Pékin. Une telle décision ne punirait que les athlètes, estiment-ils.

Les boycotts n’ont jamais marché. » La position de Patrick Hickey, président du comité olympique européen, est claire. Pas question pour le monde du sport de faire l’impasse sur les Jeux Olympiques de Pékin qui auront lieu du 8 au 24 août prochain.

La sanglante répression – qui aurait fait des dizaines de morts – menée au Tibet par les autorités chinoises ne remet pas en question l’organisation de l’événement sportif le plus important du monde.

« Nous respectons le fait que des organisations comme Amnesty International ou Greenpeace nous demandent de prendre position, mais nous ne sommes pas des militants », a déclaré notre compatriote Jacques Rogge, président du Comité international olympique.

En substance, les boycotts ne puniraient que les athlètes des pays qui auraient décidé de faire l’impasse sur les JO chinois.

« Je fus une victime du boycott olympique de 1980 décidé par l’Allemagne de l’Ouest, insistait Ulrike Nasse-Meyfarth, double championne olympique allemande de saut en hauteur. A l’époque, on a déjà vu que cela ne servait à rien. »

En termes très policés, le Comité olympique et interfédéral belge ne dit pas autre chose : « S’il est bien évident que les événements récents nous préoccupent, un réel engagement – comme l’organisation de Jeux Olympiques – en Chine nous semble être la voie à privilégier.

Son de cloche identique en provenance de la sphère politique internationale.

« Pour les droits de l’homme, pour les gens au Tibet ou pour les Tibétains des autres provinces chinoises, cela ne changerait rien à leur situation » souligne Thomas Steg, porte-parole adjoint de la chancelière allemande Angela Merkel.

Plus incisif, Bernard Laporte, le secrétaire d’Etat français aux Sports, estimait pour sa part que le boycott des Jeux de Moscou en 1980 n’avait pas fait tomber le mur de Berlin…

Pour Klaus Steinbach, ancien double médaillé et ex-président du Comité olympique allemand, « le boycott serait hypocrite si en même temps on maintient les mêmes relations politiques, économiques et culturelles avec la Chine ».

Pour l’heure, aucun dirigeant international ne désire donc faire l’impasse sur les JO. Pas même le dalaï-lama. Le chef spirituel tibétain a certes condamné le « régime de la terreur » chinois après les émeutes mais l’apôtre de la non-violence a, dans le même élan, jugé que « la Chine méritait ses Jeux Olympiques ».

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