Un coup de fil et le bus est là !

BODEUX,JEAN-LUC

Page 15

Mercredi 19 mars 2008

Transports Le réseau Telbus fonctionne depuis trois ans et demi

Le bus à la demande, ce n’est plus une utopie en province de Luxembourg depuis septembre 2004. Du moins pour 28 % du territoire provincial et 23 % de la population globale.

Tout avait démarré dix ans plus tôt, dans les entités de Bastogne et Libramont, au départ du dépôt d’Amberloup. Mais ce n’était pas tout à fait le concept actuel. On embarquait à heure fixe, idem pour le retour. La nuance par rapport aux lignes standards résidait dans la possibilité de sortir un peu du circuit classique, à la demande, à condition de rester dans ces deux communes.

Puis, en 2004, la Région wallonne a accordé un subside pour développer ce réseau sur une zone plus large, comprenant les six communes du parc naturel de la Haute-Sûre, plus Attert et le nord-ouest d’Arlon (Heinsch, Freylange, Viville, Stockem, Bonnert, Frassem, Guirsch), et Arlon comme pôle de destination. L’objectif était d’étendre ce concept ailleurs en Wallonie.

Ce sont depuis lors sept minibus – 15 places assises et 15 debout – qui sont fonctionnels six jours sur sept, de 9 à 17 h, à la demande. D’où son nom : Telbus. La seule contrainte : il faut réserver son déplacement, aller et retour, la veille au minimum.

Après trois ans de fonctionnement, les premiers constats apparaissent. « Les heures optimales de fréquentation se situent de 9 à 9h30, de 13 à 14h30 et de 16 à 17h30, explique Jean-Noël Gaspard, directeur du TEC Namur-Luxembourg. Mais cela ne va pas du simple au double, il y a une assez bonne répartition au fil des heures. Les communes de Bastogne-Libramont restent les plus attractives. »

Coûteux, mais utile

Qui prend le Telbus et pourquoi ? La tranche (large) des 25-65 ans occupe 44 % de la demande, 36 % pour les plus de 45 ans et 20 % pour les jeunes. Souvent, ce sont des petits groupes, comme une école maternelle, mais seulement si c’est un nombre limité, et occasionnel. Certaines personnes l’utilisent comme un moyen de transport presque quotidien, pour aller au boulot : des dames de ménage, par exemple.

Le TEC réalise une enquête auprès de ses usagers les plus fidèles, environ 800 personnes, afin d’optimiser ce réseau et de mieux le faire connaître dans toute la zone desservie. « Les communes d’Arlon, de Habay, Martelange et Attert restent les moins courues. Peut-être parce qu’elles voisinent plus avec la frontière. Les communes plus au nord utilisent deux fois plus ce réseau. »

C’est le type de transport le plus coûteux du TEC, la participation des usagers étant minime (de 1,30 euro à 3,90 euros, avec tarif unique pour les enfants et les plus de 65 ans). « L’objectif est d’être utile, à la demande, au départ de son domicile, pour 23 % de la population du Luxembourg, poursuit J.-N. Gaspard. Et en comparaison, on mésestime parfois le coût d’un bus standard qui circule à des heures creuses. À terme, nous continuerons, en visant à améliorer cette structure. Son coût a d’ailleurs été intégré dans le contrat de gestion global du TEC Namur-Luxembourg. »

Ce réseau est le seul en Wallonie, et devrait le rester. Il sera complété par des bus locaux qui vont se développer en 2008. Dans ce schéma, les communes ont un bus affrété par les TEC, mais elles ont leur chauffeur et réalisent les entretiens. À Durbuy et Vresse devraient s’ajouter, dans un premier temps, La Roche, Nassogne, Manhay, Vielsalm, et dans le Namurois, Gesves, Hamois, Anhée, Onhaye.

Infos : www.infotec.be. Réservations des Telbus au 061.534.10.10.

Pas de résultats.