Le puits de Green contre la corvée de l’eau

n.c.

Jeudi 20 mars 2008

En ce jeudi 20 mars, sacrée journée mondiale de l’eau, l’asbl Green, qui lutte pour obtenir un monde plus équitable, lance une campagne de sensibilisation sur le site du Soir. Ce n’est qu’en actionnant la manivelle du puits que l’internaute accède à l’information. Un peu comme certains enfants du tiers-monde, obligés de puiser eux-même leur eau.

Contrairement aux idées reçues, l’eau n’est pas un privilège pour tous. Cette journée consacrée à l’eau, a pour objectif principal de conscientiser les gens sur la rareté d’eau potable dans certaines régions du monde. Reconduite chaque année, la célébration – avancée cette fois de deux jours pour cause de week-end pascal – permet aussi de mesurer l’absence de progrès.

« Plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès directement à l’eau portable, essentiellement des filles. Aller chercher de l’eau est une tâche quotidienne qui est effectuée le plus souvent dans des conditions difficiles. Ce qui hypothèque leur avenir et conduit souvent à l’exode rural ou à l’émigration », déclare Luc Michiels, responsable des programmes de Green asbl.

« Nous voulons un accès à l’eau potable et des installations sanitaires pour tous, sans discrimination, à un prix acceptable, dans un endroit accessible et en totale sécurité. C’est un droit fondamental « ajoute-t-il.

L’eau est inégalement distribuée sur la planète, et pour fournir une eau de qualité, il faut en payer le prix. « Globalement, elle est abondante là où il n’y a personne », constate Pierre Chevallier, spécialiste des Ressources en eau à l’Institut (français) de recherche pour le développement (IRD) : la partie amazonienne du Pérou ou de l’Equateur, peu peuplée, est abondamment arrosée, alors que toute la côte Pacifique, poumon économique et siège des grandes villes, est asséchée, jusqu’au Chili.

« Ca ne va pas s’arranger avec le réchauffement climatique, qui va accélérer les phénomènes d’évaporation et de fonte des glaciers et réduire encore les quantités d’eau disponibles », explique M. Chevallier. « Et encore moins avec la pression démographique : non seulement la population mondiale augmente, mais aussi les exigences de cette population avec l’amélioration de ses conditions de vie dans les grands pays émergents ».

Aujourd’hui l’eau réservée à un usage domestique – consommation humaine et hygiène du foyer – ne compte que pour 10 % de la consommation planétaire (contre 20 % pour l’industrie, notamment la production d’énergie et 70 % pour l’agriculture en moyenne). Mais avec des disparités considérables puisqu’en Asie, l’agriculture peut absorber plus de 85 % des ressources.

En moyenne, un citoyen nord américain consomme 500 litres d’eau /jour et par personne et un Européen 200 à 300 litres, quand un Africain de la bande sahélien n’en dispose que de 10 à 20 litres. Et vous ?

Mélanie De Nora (St)

www.greenbelgium.org

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