Reynders n’exclut pas un boycott des JO
BERKENBAUM,PHILIPPE
Mercredi 26 mars 2008
Nicolas Sarkozy a-t-il fait un premier pas qui fera date en déclarant qu’il n’excluait pas un boycott des JO de Pékin ? La position officielle belge reste : le boycott n’est pas la meilleure solution. Mais le vice-Premier MR avertit dans une interview au « Soir » : le « pire » peut survenir.
entretien
Didier Reynders a fait en octobre 2006 une incursion remarquée au Tibet. Il reste à ce jour le seul représentant du gouvernement belge à s’y être rendu en visite officielle – et était à l’époque le plus haut dignitaire occidental, sous sa casquette de vice-Premier ministre. Invité par le parti communiste chinois, il s’était singularisé en interpellant le pouvoir en place sur la question des droits de l’homme, alors que des réfugiés tibétains venaient d’être sauvagement abattus par des gardes frontières en tentant de gagner le Népal voisin. Faut-il préciser qu’il se dit « très préoccupé » par la situation actuelle ?
Le président Sarkozy n’exclut pas de boycotter la cérémonie d’ouverture des JO si la situation au Tibet n’évolue pas rapidement. Et le gouvernement belge ?
Je m’en tiens à la réponse formulée au nom du gouvernement par le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht : le boycott n’est pas une bonne solution. Ce n’est pas une option que nous retenons aujourd’hui. Notre position officielle est claire et n’a pas changé. Mais on ne peut jamais exclure le pire. Le gouvernement reste très attentif à l’évolution de la situation. Nous lançons un appel au dialogue, à une attitude raisonnable et ouverte des autorités chinoises à l’égard du Tibet.
Vous vous étiez personnellement inquiété de la situation des droits de l’Homme lors de votre visite en octobre 2006. Etes-vous plus inquiet aujourd’hui ?
Il importe avant tout que le Tibet reste ouvert à la présence étrangère, que ses frontières ne soient pas fermées, que le passage de diplomates, de journalistes et de touristes étrangers puisse à nouveau être garanti. Il faut éviter de laisser s’abattre une chape de plomb sur le Tibet, qui nous empêche de savoir ce qui s’y passe, notamment dans les régions plus reculées et les villes autres que la capitale Lhassa.
Comment faites-vous passer ce message aux autorités chinoises ?
Je l’ai fait en direction du Parti communiste chinois en tant que président du Mouvement réformateur. J’ai également programmé une rencontre avec l’ambassadrice de Chine à Bruxelles. J’ai l’intention d’en parler avec mon homologue, le ministre des Finances chinois, lors de la réunion du FMI et de la Banque mondiale à la mi-avril à Washington, au moins dans le cadre d’un entretien bilatéral. Et nous demandons à rencontrer chaque autorité chinoise de passage à Bruxelles pour lui faire part de notre préoccupation.