La folie du Balkan Beat
VANTROYEN,JEAN-CLAUDE
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Mercredi 26 mars 2008
Festival Bozar ouvre ses salles au Balkan Trafik
« L’année passée, pour la première édition de ce festival, c’était la folie, explique DJ Gaetano, qui fera un set samedi soir à 1 h du mat, dans les caves de Bozar. La folie, il n’y a pas d’autre mot. Et le public n’était pas spécialement issu des Balkans : c’était un public cosmopolite et local. »
C’est que le Balkan Beat, ça marche sur les dance floors d’Europe et d’Amérique. D’ailleurs SJ Gaetano ne cesse de tourner. A Paris, ailleurs en Europe, à New York et ailleurs aux Etats-Unis, à Mexico… « C’est une musique très rythmée, colorée, endiablée. Je tourne dans le monde entier et les gens ne cessent de monter au plafond. » Le Bruxellois Gaetano Fabri a commencé en faisant des remix sur le label Crammed Discs, pour Kocani Orkestar et Taraf de Haïdouks. Vu le succès, il a continué. Couleur Café, Dranouter, Sfinks et puis l’étranger, le monde. « Il y a vraiment une scène européenne très à la mode pour ce Balkan Beat. »
L’instigateur de ce festival, c’est Nicolas Wieërs, avec l’ASBL 1001 valises. Il y a deux ans, il est venu présenter le projet à Bozar. Et bingo, il a été retenu. D’où le Balkan Trafic 2007 et l’édition 2008. « Je suis réalisateur, raconte-t-il. J’ai été au Kosovo pour un projet de documentaire. Et j’ai rencontré des étudiants, à l’université de Pristina. Ils avaient une énergie considérable, une connaissance et une faim de l’Europe. Quand je suis rentré en Belgique, je me suis dit : je fais ce docu ou j’entame quelque chose qui fasse sortir des personnes de l’Europe de l’Est pour leur permettre de dialoguer avec des gens d’ici. C’est le départ de Balkan Trafic, un festival de musique et des arts en général. »
Enfin, surtout musique. C’est vrai qu’il y a du cinéma et du cirque, mais le principal, c’est quand même la musique. « C’est parce que nous voulons d’abord faire la fête. Nous avions envie que les jeunes se rencontrent, discutent, créent des liens dans une ambiance joyeuse. »
Bozar a accepté ce projet. Une chose qui n’était pas si évidente, au départ. Mais ça tombait bien. D’un côté 1001 valises exposait un projet original et gai. De l’autre, Bozar voulait s’extirper de son image vieillotte de lieu pour la musique classique suivie par des gens en costard-cravate, et s’ouvrir aux jeunes et aux musiques du monde. Le deal était simple. Il a encore fallu convaincre Bozar de conserver le titre Balkan Trafic. « Trafic de quoi ? De kalashnikov ? Non, de culture, répond Nicolas Wieërs. Et ça a marché, mais ce fut une chance de travailler avec Tony Vandereecken, de Bozar. Il nous a fait confiance. C’est avec lui, d’ailleurs, que nous avons établi la programmation. »
Nicolas Wieërs insiste sur le spectacle de cirque de Balkan Zircus : « Ils ont créé ensemble ce spectacle, des artistes de là-bas et des artistes d’ici. » Des jeunes d’Albanie, de Slovénie, de Bulgarie, de Hongrie, de Roumanie et des jeunes de Belgique, formés à l’Ecole supérieure des arts du cirque. « Les jeunes Roumains qui sont du voyage viennent de Parada, une école du cirque qui travaille avec des jeunes de la rue, à Bucarest et Timosoara. C’est une chance qu’on donne à ces jeunes qui sniffaient encore de la colle dans les rues naguère. On a eu peur : est-ce que ça va le faire au niveau artistique ? Mais un prof de l’Esac nous l’a affirmé : leur niveau technique est épatant, ce sont des gens doués. Nous avons envie qu’ils retournent chez eux avec de nouvelles choses dans la tête. »
L’Orkestar Mladi Braka Kadrievi, le Mostar Sevdah Reunion, Burhan Oçal, Ljiljana Buttler, Mitsoura, Ivo Papasov, l’Orchestre international Vetex, Meldorom, Gjovalin Nonaj et d’autres seront là aussi pour surprendre et mettre le feu. Il n’y a plus qu’à se laisser consumer.
repères
Prix. 10 euros jeudi, 16 vendredi, 16 samedi.
1001valises.
