300 kilomètres avec un tout petit litre
SAINTGHISLAIN,VALERY
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Jeudi 27 mars 2008
Mons Ultimes réglages pour les étudiants de la FPMs et leur véhicule avant le départ du Shell écomarathon
Ces cinq-là se sont donné du mal : plus de 800 heures, à raison de quatre après-midi par semaine, passés à améliorer les performances de leur « Monstralopithèque ». L’an passé, la petite voiture bleue, préparée par leurs prédécesseurs, avait parcouru 195 km à Nogaro. Elle s’était classée 8e au général dans la catégorie « Urban concept » (la plus réaliste), mais première dans la catégorie moteur essence propulsé par une énergie alternative. Le moteur de 50 cc récupéré sur un scooter a en effet été adapté à une alimentation au LPG.
L’équipe de cette année espère se classer dans le Top 3 général et premier dans la catégorie LPG. Ils y ont travaillé très dur. « Nous avons doté le véhicule d’une boîte de transmissions pour diminuer encore la consommation lors des quatre arrêts imposés durant le parcours. Et le système de freins a été considérablement amélioré : les freins à disques classiques d’un scooter ont été remplacés par des freins à disques de VTT, beaucoup plus légers. Nous avons ainsi gagné 3,2 kilos », se félicitent les étudiants.
Ce n’est pas le seul gain en poids, déterminant dans ce type de compétition : le pilote de cette année, une prof – toute menue – de la Polytech, pèsera 18 kilos de moins que son prédécesseur, l’an dernier. « Au total, en comprenant les différentes innovations, nous devrions gagner plus ou moins 25 kilos ! » Généreux, Gaël et ses potes ont aussi travaillé à l’élaboration d’une nouvelle carrosserie, beaucoup plus aérodynamique et qui s’appuie sur les principes de portance de l’aviation afin de réduire encore les résistances. Mais faute de temps et de moyens (le budget total dont ils disposent est de 18.000 euros, quand certaines écoles européennes se permettent de débourser dix fois plus, NDLR), la nouvelle coque allégée n’a pu être coulée.
« A elle seule, une nouvelle carrosserie coûte 10.000 euros. Nous avons dû rapidement nous rendre à l’évidence que nous n’aurions pas assez de temps ni d’argent pour refaire un nouveau véhicule. Mais ce n’est pas grave : les participants de l’année prochaine pourront s’inspirer s’ils le veulent de nos recherches aérodynamiques. »
La Polytech participe depuis 2005 au Shell écomarathon. La faculté a intégré la compétition aux différents projets de groupes auxquels les étudiants participent lors de leur formation d’ingénieur civil. « En tant qu’enseignant, notre intervention est minimale, assure M. Filippi, leur prof de mécanique. C’est un excellent moyen pour eux de développer leur créativité et d’apprendre à travailler en équipe. C’est aussi une façon idéale de mettre en pratique la théorie qu’ils ont acquise durant les cours. » « C’est très ludique, estiment les étudiants. Un tel projet fait intervenir beaucoup de notions. » Parmi lesquelles l’esprit de débrouillardise et la camaraderie sont deux des principaux… carburants.
