Le dalaï-lama appelle à l’aide
n.c.
Samedi 29 mars 2008
Le dalaï-lama, chef spirituel en exil des Tibétains, a de nouveau appelé la communauté internationale à « aider » à résoudre la crise au Tibet, rappelant également qu’il était ouvert au dialogue avec Pékin.
« Nous n’avons aucun pouvoir sauf la justice, la vérité, la sincérité… c’est pourquoi j’appelle la communauté internationale à aider, s’il vous plaît », a déclaré le dalaï-lama lors d’une conférence de presse à New Delhi. « Je suis ici impuissant, je peux juste prier », a ajouté le dignitaire tibétain, qui a participé samedi, avec d’autres responsables religieux, à une séance de prières pour les victimes des violences au Tibet.
Le dalaï-lama avait le 19 mars déjà réclamé « l’appui » des dirigeants du monde entier.
Renouvelant les gestes d’apaisement envers Pékin, le lauréat 1989 du prix Nobel de la Paix a également réaffirmé qu’il était ouvert au dialogue : « Nous sommes ouverts… nous attendons », a-t-il affirmé.
Samedi, il a encore souligné qu’il ne s’opposait pas à l’organisation des JO par la Chine mais a toutefois estimé important « de rappeler aux Chinois que pour être des hôtes respectés des JO », la situation des droits de l’Homme au Tibet devait s’améliorer.
Ce nouvel appel intervient au lendemain de celui du président américain George W. Bush, qui a appelé la Chine à dialoguer avec les représentants du dalaï-lama et à faire preuve de retenue au Tibet, dans ses premières déclarations personnelles et publiques depuis le début de la crise.
La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice s’est dite de son côté opposée au boycottage des JO afin d’éviter d’insulter le peuple chinois.
La commissaire européenne aux relations extérieures Benita Ferrero-Waldner a évoqué dans une interview à paraître dimanche la menace d’un boycott des JO alors que les ministres des Affaires étrangères de l’Union Européenne, réunis ce week-end en Slovénie, sont partagés sur l’idée d’un boycott de la cérémonie d’ouverture des jeux.
Rappelant qu’il réclamait non pas l’indépendance du Tibet mais une « autonomie significative », le dalaï-lama a souligné que les Tibétains demandaient des « garanties sur la protection de notre culture unique, notamment la langue ».
« Dès qu’un certain degré de liberté sera atteint, nous serons heureux de rentrer dans notre pays », a-t-il ajouté, soulignant cependant que « les expressions de déception s’accroissent », avant de renouveler ses accusations de « génocide culturel ».
Le dalaï-lama a par ailleurs indiqué qu’il souhaitait avoir plus de temps pour se préparer à sa « future vie » alors qu’il pourrait d’ici à quelques années renoncer à son rôle politique.
« Il est possible que d’ici quelque temps je démissionne complètement, volontairement et de façon heureuse », a-t-il déclaré, sans donner de précision sur le moment où il pourrait se retirer. « Je suis déjà dans une position de semi-retrait », a assuré le dignitaire âgé de 72 ans.
Le dalaï-lama a menacé à plusieurs reprises depuis les émeutes à Lhassa, de quitter sa charge de chef spirituel du bouddhisme tibétain mais en liant son départ à une aggravation de la situation au Tibet.
Son entourage a indiqué récemment que le dalaï-lama souhaitait voir le Parlement tibétain en exil à Dharamsala, dans le nord de l’Inde, jouer un rôle politique plus grand, afin d’alléger sa tâche.
Le gouvernement chinois accuse le dalaï-lama d’avoir organisé les violences au Tibet, qui ont fait officiellement 19 morts, pour saboter les Jeux prévus en août à Pékin. Selon les Tibétains en exil, la répression chinoise a fait environ 140 morts.
(afp)
