La mission pour Betancourt arrivée en Colombie
n.c.
Jeudi 3 avril 2008
L’avion acheminant la mission humanitaire qui va tenter d’approcher Ingrid Betancourt est arrivé en Colombie. Les Farc n’ont pas donné de réponse sur une possible rencontre avec l’otage.
Cette mission mise en place par la France, l’Espagne et la Suisse, trois pays impliqués depuis longtemps dans les négociations entre le gouvernement colombien et les différentes factions rebelles du pays, a débuté mercredi, avait annoncé l’Elysée, sans fournir plus de détails.
L’avion, qui transporte au moins un médecin à son bord, devait faire escale en Guyane française ou en Martinique, avant d’atterrir jeudi dans le Guaviare, la région où se trouverait l’otage Franco-Colombienne, a affirmé son ancien mari Fabrice Delloye, interrogé sur RMC.
L’objectif de la mission humanitaire, annoncée mardi soir par le président français Nicolas Sarkozy, est d’apporter des soins médicaux à plusieurs des otages qui seraient souffrants. Ingrid Betancourt, détenue depuis plus de six ans, est atteinte d’une hépatite B récurrente et d’une lechmaniose, une maladie tropicale, selon sa famille, qui tient ces informations d’un ancien parlementaire colombien libéré par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en février. Son fils Lorenzo a affirmé mercredi qu’elle avait besoin d’« une transmission sanguine dans les heures qui viennent, sous peine de perdre la vie ».
M. Delloye a dit jeudi nourrir l’espoir que cette mission pourrait également se solder par la libération de son ex-épouse, une éventualité évoquée également par le quotidien « International Herald Tribune » sur son site Web.
« Le premier objectif de cette mission, c’est de réussir à approcher Ingrid et de la soigner. (…) Par la suite, on espère que les émissaires pourront avoir la possibilité de discuter avec les FARC et envisager la sortie d’Ingrid de la jungle », a-t-il expliqué.
« Se trouvent à bord de l’avion véritablement les professionnels, les meilleurs (…) que ce soit au niveau médical ou que ce soit les gens capables de discuter avec les FARC », a jugé Fabrice Delloye.
Le Guaviare est la région du sud-est de la Colombie où deux missions orchestrées par le Venezuela et la Croix-Rouge ont pu obtenir la libération de six otages en début d’année, dont l’ancienne collaboratrice d’Ingrid Betancourt, Clara Rojas, à l’époque où elle faisait campagne pour l’élection présidentielle colombienne.
Le président colombien Alvaro Uribe a accepté l’envoi de la mission humanitaire, promettant à son homologue français qu’il ordonnerait la suspension des opérations militaires dans la zone où elle oeuvrerait.
M. Sarkozy a lancé mardi un nouvel appel au chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Manuel Marulanda, afin que la guérilla relâche la Franco-Colombienne, en grève de la faim depuis le 23 février selon le Comité de soutien d’Ingrid Betancourt, ainsi que les « otages qui sont les plus affaiblis ».
Le président Uribe a proposé de libérer des rebelles des FARC si la guérilla colombienne acceptait de relâcher Ingrid Betancourt. La France a quant à elle fait savoir à plusieurs reprises ces derniers jours qu’elle restait prête à accueillir sur son sol des militants des FARC, dans le cadre d’un accord.
Les FARC, de leur côté, souhaitent échanger leurs « prisonniers politiques » -dont Ingrid Betancourt et trois sous-traitants américains de l’armée colombienne- contre des centaines de guérilleros détenus par le gouvernement colombien.
(ap)
