Grève pour rien aux TEC de Charleroi
n.c.
Vendredi 4 avril 2008
La police de Charleroi précise que ses enquêteurs, de même que les contrôleurs des TEC, avaient conclu mardi soir à une défectuosité technique du bus prétendument victime de « coups de fusil » à Roux. Raison pour laquelle aucun procès-verbal n’a été dressé. Mais la rumeur a donné lieu à un mouvement de grève spontané, ce vendredi matin.
La police locale de Charleroi a tenu à préciser, par un communiqué de son porte-parole Franco Meggetto, la teneur de l’intervention de la police sur les « coups de feu » de mardi soir à Roux. Une équipe d’intervention de la police locale de Charleroi a été appelée à Roux, rue de la Paix, pour des dégradations commises sur un bus, indique-t-il. L’équipe arrivée sur les lieux peu après, a en effet constaté qu’un bus des TEC était sévèrement endommagé. Deux vitres de sécurité permettant l’évacuation d’urgence des passagers étaient brisées.
Le chauffeur et une passagère du bus ont expliqué aux enquêteurs que, juste avant que les vitres ne se brisent, le châssis du bus avait tremblé pendant plusieurs secondes. Les policiers en avaient déduit – et les contrôleurs des TEC arrivés sur place étaient d’accord avec eux – que les faits étaient dus à une défectuosité technique du véhicule, précise ce communiqué. L’équipe d’intervention n’a, dans ces conditions, pas rédigé de procès-verbal, conclut le porte-parole.
Dans un premier temps, selon les organisations syndicales, ces tirs avaient eu lieu, en provenance d’une voiture qui s’était arrêtée à hauteur du bus, mais ils n’avaient atteint personne, même si une passagère avait été « choquée ».
On a appris, d’autre part, que le chauffeur qui conduisait ce bus n’avait pas, mardi soir, fait rapport de cet événement à ses supérieurs, pas plus qu’à son organisation syndicale, la CGSLB. Ce n’est apparemment que jeudi en fin de journée que la rumeur de ces « coups de feu » a couru, qu’elle s’est enflée et qu’elle a finalement donné lieu, ce vendredi matin, au mouvement de grève spontané qui paralyse les bus de tous les dépôts carolorégiens pour 24 heures, à quelques semaines des élections sociales.
Vendredi matin, les chauffeurs de bus du dépôt de Jumet ont été les premiers à débrayer, bientôt accompagnés par leurs collègues de Nalinnes et d’Anderlues. Les chauffeurs du dépôt Genson ont suivi le mouvement peu après 7 heures. Le mouvement a affecté aussi pour partie le métro de Charleroi.
Vendredi après-midi, le ministre wallon des Transports, André Antoine, a dit comprendre l'émotion des chauffeurs des TEC Charleroi mais il a appelé, dans communiqué, à la reprise du travail. Il regrette que la réponse apportée par les chauffeurs prive les usagers du TEC du service auxquels ils ont droit sans apporter la moindre solution au problème de l'insécurité.
Selon le ministre, la sécurisation du réseau des TEC passe d'une part par la mise en oeuvre du plan Securitec, qui prévoit le renforcement des moyens humains et techniques consacrés à la sécurité des voyageurs et du personnel, et d'autre part par le renforcement de la concertation entre les TEC, les zones des police, la Justice et l'ensemble des partenaires concernés par la sécurité.
Le 11 avril, M. Antoine organisera à Namur une table ronde sur le problème de la sécurité dans les transports en commun.
(D’après Belga)
