Les belles histoires de l’oncle James
COLJON,THIERRY
Vendredi 4 avril 2008
Musique James Taylor au Bozar jeudi
Il y a tout juste quarante ans, James Taylor publiait son premier album sur le label des Beatles. Depuis, il trimballe nonchalamment sa grande carcasse longiligne dans le milieu de la chanson paisible, avec une classe et une discrétion inouïes. Pour mieux se faire connaître, fêter ses 60 ans (le 12 mars dernier) et prendre un réel plaisir, JT est parti sur les routes, avec son One Man Band contenant le seul Larry Goldings au piano. Le CD et DVD de sa prestation dans sa hometown (Pittsfield, Massachusetts) est déjà paru chez Universal. Jeudi, il était de passage au Bozar de Bruxelles, dans le cadre de sa tournée européenne de quinze dates, cinq ans après son dernier concert belge dans cette même salle.
Ce concert est particulier car, pour la première fois, James se raconte entre chaque chanson, visuel à l’appui. Avec énormément d’humour, il évoque ses parents et ses jeunes années. On le retrouve ainsi avec Carole King (« You’ve got a friend « sur des arrangements de Joni Mitchell) ou Danny Kortchmar qui lança sa carrière en le présentant à McCartney et Harrison.
Son berceau de la Nouvelle-Angleterre et de la caroline du Nord ne l’empêche pas de voyager, de L.A. à la place Rouge en passant par une île de la Méditerranée, d’évoquer le départ de Nixon ou un mariage de masse de la secte Moon (« Line ’em up »). A certains moments, on se croirait à une séance d’Exploration du monde. Humour toujours avec sa grosse drum machine en bois, conçue avec Gordon Fairfield. Une chorale apparaît également sur l’écran quand ce n’est pas tout son groupe. Le public, de connaisseurs majoritairement flamands, réagit au quart de tour dès le troisième arpège de ses chansons les plus connues (« Something in the way she moves » et « Carolina in my mind « par exemple, tirés de son premier album).
James Taylor n’est ni country, ni folk, ni blues, ni soul, ni pop. Et en même temps un peu tout ça à la fois. Il a inspiré des gens comme Delpech et Cabrel. Il est à la Côte Est, avec Paul Simon, ce que Michael Franks et Jackson Browne sont à la West Coast : un digne représentant de cette grande chanson romantique américaine qui nous fait tant rêver. James terminera ses deux heures de concert, et cinq rappels, en serrant abondamment les mains du premier rang et signant à volonté des autographes. Un vrai gentleman, ce riche Taylor.
