De l’hiver communautaire au printemps vert

SCHOUNE,CHRISTOPHE

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Lundi 7 avril 2008

Quel paradoxe ! Alors que le débat communautaire occupe une place centrale dans la vie publique depuis dix mois, il apparaît aujourd’hui comme le dernier souci des francophones. En revanche, les questions d’environnement caracolent au faîte des préoccupations.

Clamée dans le nouveau baromètre annuel initié par Le Soir et la RTBF, cette inquiétude des citoyens à l’égard de thèmes liés à la qualité de vie est frappante. Qu’il s’agisse du réchauffement climatique, de la pollution, de la malbouffe ou de l’énergie, le développement durable est désormais au cœur des priorités des citoyens, à égalité avec les questions économiques.

Corollaire de cette attente, la population estime vivre dans un environnement hostile. Le constat est sombre : la qualité de l’air, de l’eau ou des sols est dans un piteux état pour l’opinion. Ce sentiment diffus, qui mérite pourtant d’être nuancé à la lumière des efforts menés dans des domaines comme la gestion des déchets, est perçu d’autant plus vivement que l’avenir apparaît comme peu prometteur.

Exprimée sans distinction par les différentes couches de la population, cette perception aiguë de la situation agira comme une utile piqûre de rappel pour le gouvernement d’Yves Leterme. Et il est à espérer qu’après l’hiver communautaire, le « Printemps de l’environnement » puisse faire germer de nouveaux espoirs pour la planète. Mais pour éviter l’écueil de la grand-messe inutile, cet exercice de démocratie participative impliquant les Régions, les partenaires sociaux et la société civile devra obligatoirement aboutir à des engagements fermes.

Notre sondage le souligne : face à un enjeu de civilisation, la population attend des pouvoirs publics qu’ils indiquent la voie du changement. Interdire l’usage de la voiture lors des pics de pollution ? Ecofiscaliser les produits polluants ? Décupler les incitants fiscaux ? Pourvu qu’elles soient équitables, ces démarches parfois considérées comme impopulaires suscitent une adhésion de la majorité des francophones. Mais ces idées, qui hérissent encore des états-majors, ne sont pourtant qu’un premier pas. Car ce n’est pas en changeant de pommeau de douche que l’on préservera la planète.

Pas de résultats.