Une nouvelle ligne vers l’ULg

MOREL,PIERRE

Mardi 8 avril 2008

Mobilité Le bus 28 reliera dès septembre Fléron au Sart-Tilman

Passant par Chaudfontaine et Tilff, la ligne fera gagner du temps aux étudiants de l’ULg et aux patients du CHU.

Directrice du TEC Liège-Verviers, Christine Defraigne affichait un sourire radieux ce lundi au moment d’annoncer l’arrivée le 1er septembre d’un « nouveau bébé », soit la ligne 28 dont le nom complet est Fléron-Chaudfontaine-Beaufays-Tilff-Sart-Tilman. La ligne, qui passe également par Romsée et Ninane, effectuera 16 arrêts, et desservira le CHU et les amphithéâtres de l’ULg. Une fréquence d’une demi-heure est prévue en heures de pointe (7 h 30-9 h et 15 h 30-18 h 30) pendant les périodes scolaires. Sinon, la fréquence sera d’une heure.

« Avec la 58, on vient de créer deux lignes en quatre ans, souligne Christine Defraigne. Alors que la création de ligne précédente, c’était en… 1968 ! C’est donc un grand plaisir. Et le résultat d’un groupe de travail initié en mars 2007 par les communes d’Esneux et de Chaudfontaine, élargi ensuite à Trooz et Fléron. »

Echec en 1990

Et si une première expérience de ligne Embourg-Sart-Tilman avait échoué en 1990, la création de la ligne semble d’une grande pertinence : « Au départ de Liège, les lignes 48 et 58 sont particulièrement chargées, reprend la directrice. Ensemble, elles ont connu une progression de 25 %. La demande est là. Or, depuis des entités telles que Tilff, Esneux et Beaufays, les voyageurs devaient transiter par Liège pour rejoindre le domaine universitaire, cependant proche. Le réservoir de clientèle est réel : 23 % des personnes fréquentant le Sart-Tilman viennent de la zone d’achalandage de la future ligne. La clientèle potentielle est estimée à 2.300 étudiants, 1.500 employés de l’Université et du CHU et 6.000 patients du CHU. »

Pour tous ceux-là, le gain de temps sera impressionnant : de Fléron, le trajet durera 38 minutes au lieu des 70 actuelles. De Chaudfontaine, c’est 25 au lieu de 50. Et de Tilff, 6 minutes au lieu de… 40 actuellement !

Reste qu’avec les trois bus qui seront mis en service et les cinq conducteurs affectés, le coût de l’opération se monte à 400.000 euros. Sans parler de rentabilité, vœu pieux avec le transport en commun, il faudra le justifier. Le TEC fera le bilan dans un an. Et espère un succès chiffré comparable à celui de la ligne 58 : 2.400 voyageurs par jour en 2004, 2.800 aujourd’hui.

Il faut dire que depuis l’échec de 1990, beaucoup de choses ont changé. D’abord, le TEC Liège-Verviers transporte désormais 110 millions de passagers annuels pour 70 millions en 1992. L’université a gagné près de 6.000 étudiants entre-temps, et ils sont désormais presque tous au Sart-Tilman. Au CHU, tout récent au début des années 90, la patientèle a… triplé : 38.000 admissions annuelles aujourd’hui pour 12.000 en 1990. Le personnel, lui, a doublé ses effectifs (3.800 personnes aujourd’hui). Et à la demande de Daniel Bacquelaine, bourgmestre de Chaudfontaine, on a également élargi la zone d’achalandage en faisant partir le bus de Fléron.

Aux usagers de l’emprunter, désormais. L’avenir du « 28 » est entre leurs mains.

Un tracé qui complète le réseau en étoile

De l’impressionnant aréopage de personnalités politiques et universitaires rassemblé ce lundi pour annoncer la bonne nouvelle n’émanaient que des satisfecit.

« Un petit pas dans le sens de la Communauté urbaine, mais un grand pas pour la mobilité en général », pour l’échevine Ecolo de Fléron Colette Balsacq. Sa bourgmestre Linda Musin (PS) soulignait, elle, qu’« au-delà de l’intérêt global de la ligne, Romsée sera désormais beaucoup mieux desservi. »

Pour le mayeur de Chaudfontaine Daniel Bacquelaine (MR), on fait coup triple : « On établit une liaison régulière avec CHU et Université, mais on crée aussi au sein de ma commune le lien historique entre le plateau de Beaufays et la vallée. Et enfin, c’est une première concrétisation transversale. Une ligne qui, pour relier le plateau de Herve au Condroz, rompt avec les tracés radiaux habituels depuis Liège. »

Philippe Detroz, échevin (PS) à Esneux, salue « un problème ancien, réglé de manière intelligente ». Pour l’administrateur-délégué du CHU, Pol Louis, « le TEC a fait ici ce qu’on attend d’un service public : écoute, puis analyse et enfin proposition. »

À vrai dire, le « bébé » est tellement beau qu’on se bouscule pour en assurer la paternité : le CDH, qui avait en janvier 2007 proposé une ligne Beaufays-Sart-Tilman se réjouit dans un communiqué que « ce dossier ait été repris par le TEC ». « Leur projet à eux mettait tout sauf les bus à charge des communes, et n’aurait jamais été rentable », répond Daniel Bacquelaine.

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