Wallonie-Bruxelles, ça se discute
COPPI,DAVID
Vendredi 18 avril 2008
Politique Le manifeste Demotte-Picqué secoue les partis francophones
En résumé…
1. Tous les partis francophones sont d’accord sur un point : faire en sorte qu’à l’avenir, les ministres wallons et les ministres bruxellois francophones composent ensemble un gouvernement commun, qui fera le lien entre les deux Régions.
2. Mais ils sont moins d’accord en revanche sur la nature de ce lien, sur les compétences qui seraient exercées encore de manière autonome à cet étage intermédiaire de la nouvelle fusée francophone, donc de l’hypothétique « Fédération Wallonie-Bruxelles ». Quid de l’enseignement, de la culture, de l’aide à la jeunesse ?, ces matières du ressort actuellement de la Communauté française ?
Notre infographie (ci-dessous) rend compte à grands traits de la galaxie des positions en présence, entre, d’une part, les plus régionalistes, ceux voulant que le centre de gravité de la future « Fédération » soit régional avant tout ; et, de l’autre côté, ceux qui, tout en souhaitant – on l’a dit – la formation d’un gouvernement commun composé de ministres wallons et bruxellois, estiment que celui-ci doit disposer de compétences fortes (au moins celles détenues aujourd’hui par la Communauté française), distinctes de celles exercées par les Régions. Pour ces derniers, une future « Fédération Wallonie-Bruxelles » ne peut se concevoir qu’avec un pôle « francophone » renforcé, dominant.
En (très) gros, parmi les partis francophones, le PS est le plus régionaliste, Ecolo est preneur d’une évolution de type Wallonie-Bruxelles, le CDH met le frein, le MR-FDF est partagé. Et un homme se démarque : Francis Delpérée. Le sénateur constitutionnaliste CDH a jugé le projet Demotte-Picqué « flou, flou, flou », et doute, dit-il, que l’on puisse jamais juxtaposer une fédération Wallonie-Bruxelles, une fédération Belgique, et une fédération européenne…
Didier Reynders, lui, presse les deux ministres-présidents socialistes… « En fait, Demotte et Picqué ont écrit, nous explique-t-il, ce que nous disions au MR, rien de plus : il faut un gouvernement commun simplifié, composé de ministres wallons et bruxellois. Je les invite à passer à l’acte, on peut le faire tout de suite, ils auront l’appui du MR. Que les trois ministres communautaires laissent la place à trois Bruxellois, et on aura ce gouvernement simplifié. A moins que MM. Demotte et Picqué aient inventé un nouveau genre pour les politiques : écrire des cartes blanches dans les journaux, sans agir… » Bref, même quand ils sont d’accord, les francophones sont loin de s’entendre.
Quoi qu’il en soit, le manifeste du 17 avril enclenche une dynamique au sud du pays. Une petite révolution ? A moins que l’on ait droit à la grande en définitive, en cas de rupture Nord-Sud, purement et simplement.
