Mons peut se passer de tram, dit la SRWT

SAINTGHISLAIN,VALERY

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Vendredi 18 avril 2008

Mobilité Pas assez d’usagers aux heures de pointe

La Région wallonne suggère des aménagements pour fluidifier la circulation des bus. 32 millions d’investissements estimés.

Le tramway ne fera pas son retour dans les rues de Mons. La conclusion de l’étude menée par la Société Régionale Wallonne du Transport, à la demande du ministre de tutelle André Antoine (CDH) est sans appel (Le Soir de jeudi). En cause : le manque d’usagers actuellement recensés (lire ci-contre). Cette étude, lancée en avril 2007, devait évaluer la pertinence de l’implantation de divers modes de transport structurants dans les villes de Liège et de Mons, en fonction de leur potentiel et de leurs contraintes.

« C’est sur ses conclusions que le gouvernement wallon doit notamment s’appuyer pour décider des investissements à réaliser en terme de mobilité pour les dix années à venir », note le ministre Antoine. La SRWT a procédé à des comptages afin d’évaluer la fréquentation actuelle des lignes de bus à Mons. Si toutes choses restaient égales, le nombre d’usagers aux heures de pointe passerait de 1.200 actuellement à 1.600 en 2018. Ce nombre monterait à 2.300 si des mesures contraignantes étaient mises en œuvre et si la hausse du prix du carburant se poursuivait. On grimperait à 2.800 dans le cas d’une politique volontariste privilégiant les transports en commun.

Loin du seuil de rentabilité

« On est bien loin du seuil de rentabilité estimée à 5.000 passagers par heure de pointe et par sens pour la mise en œuvre d’un mode de transport structurant », constate André Antoine. Tant la demande actuelle que future ne peut justifier le recours à un mode de transport structurant, concluent dès lors les spécialistes de la SRWT. Les bus – articulés éventuellement – « ou un trolley », dit André Antoine, suffiraient pour faire face à la demande. Pour le ministre, la future gare Calatrava ne modifiera pas la donne. « Ce n’est pas çà qui fait se déplacer les gens ». M. Antoine juge cependant que le potentiel montois est « améliorable », notamment via la réalisation de travaux d’aménagement conséquents. Il est question ici de réaliser des sites propres sur les boulevards de ceinture (sur une longueur de 3,4 km), sur la RN90 qui part vers Binche (un tronçon de 3 km) et en direction de Ghlin (425 m de long). Les experts suggèrent également de procéder à quelques travaux d’aménagement de carrefours pour que les feux de signalisation soient accordés avec le passage des bus : trois carrefours sont concernés sur les boulevards périphériques montois (où la réalisation d’une trémie serait nécessaire), deux sur l’axe Cuesmes-Frameries, deux sur les chaussées Reine Astrid et de Binche

(avec l’aménagement d’un park and ride) et quatre sur la N51 et l’axe Jemappes-Quaregnon. 18 arrêts de bus seraient revus et corrigés. Le tout pour un montant évalué à 32 millions.

L’étude va être présentée au TEC Hainaut, aux forces vives, aux syndicats et à la Ville. L’objectif est que pour l’automne prochain, le gouvernement puisse s’engager sur ce dossier.

repères

La SRWT a opéré une série de comptages sur l’agglomération montoise (entre 7 h 15 et 19 h).

Mons, gare SNCB. Environ 12.360 usagers par jour, dont environ 1.125 à l’heure de pointe la plus chargée.

Place des Flandres. Environ 3.900 usagers par jour, dont 1.240 à l’heure de pointe.

Avenue De Gaulle. Environ 3.850 usagers par jour, dont env. 766 à l’heure de pointe.

Cuesmes, Place. Env. 4.650 usagers par jour, dont env. 564 à l’heure de pointe.

Frameries, Place. Env. 3.350 usagers par jour, dont env. 472 à l’heure de pointe.

Jemappes, Pont Canal. Env. 2.860 usagers par jour, dont env. 423 à l’heure de pointe.

Jemappes, Place. Env. 3.900 usagers par jour, dont env. 421 à l’heure de pointe.

Quaregnon, 4 Pavés. Env. 3.000 usagers par jour, dont env. 310 à l’heure de pointe.

Pas de résultats.